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Politique Publié le samedi 13 juin 2009 | Nord-Sud

Election du 29 novembre : Les Grins de Grand-Béréby n`y croient pas

A l'occasion d'une mission du Hcr effectuée à la fin du mois de mai à Grand-Béréby, nous avons rencontré les animateurs du principal « grin » de cette ville. Des militants du Rdr, qui se retrouvent chaque soir en ce lieu pour décortiquer l'actualité nationale.


Les militants du Rassemblement des républicains (Rdr), un peu partout dans le pays ont la particularité de se retrouver dans des “Grins” pour s’informer et se former. Grand-Béréby a aussi ses espaces d’échanges.

Au quartier «Belle ville» de Grand Béréby, les inconditionnels du grin qui se réunissent chaque soir au domicile du patriarche Koïta sont au rendez-vous. Dans une assemblée mal éclairée par une ampoule néon placée sur un mur, l'espace qui leur sert d’échanges joue aussi le rôle de siège pour les militants du Rdr. Les débats s'ouvrent sur les raisons de leur présence à cet endroit peu confortable. Diaby Moussa l'explique par les difficultés qu'ils rencontrent à trouver un local à Grand Béréby. «Les propriétaires de maison ont peur pour leur sécurité. Chaque fois que nous nous entendons pour louer un local le propriétaire donne son accord. Mais, lorsqu'arrive le moment de formaliser le contrat, il se rétracte par crainte d'être attaqué par ceux qui n'aiment pas le Rdr», confie-t-il.


Elections...

Loin de se laisser décourager, les militants du parti d'ADO, n'ont pas cessé de se réunir à l'air libre, bien qu'exposés aux intempéries. «Les informations passent plus facilement de bouche à oreille», se réjouit-il. Le commissaire politique local, Doumbia Namory révèle que pendant les moments chauds de la crise, le grin fonctionnait. «Lorsque le couvre-feu avait lieu à 19 heures, on se retrouvait. On prenait une tournée de thé et on échangeait rapidement sur l'actualité avant de se séparer», se remémore-t-il. Après cette mise au point, les débats s'ouvrent sur certaines questions qui ont fait la une de l'actualité politique nationale. Le redéploiement de l'administration avec la passation de charges entre les préfets et les comzones est abordé. Zaré Souleymane pense que l'acte est à saluer. Pour lui, ce genre d'action est la preuve de l'avancée du processus de sortie de crise.

Kandé Magloire, président du Rassemblement des jeunes républicains (Rjr) est du même avis. Il croit surtout que c'est une garantie du respect de la date fixée pour les élections prévues en novembre. « Le parti au pouvoir utilisait l'installation des préfets comme prétexte pour retarder les élections. Maintenant que c'est chose faite, ils n'ont plus d'argument», soutient-il. Le secrétaire communal du Rdr, Koné Abdoulaye estime pour sa part que le départ des com-zones ne doit pas être brusque. Selon lui, ceux-ci ayant dirigé les lieux pendant 7 ans, il faut une collaboration entre eux et les préfets.», suggère-t-il. La date des élections sera-t-elle respectée ou non ?


... Comzones -préfets

La réponse de Koïta Ismaël à cette question est des plus pessimistes. « Arrêtons de rêver, il n'y aura pas d'élection », lance-t-il. Koné Abdoulaye est du même avis. «A ce président (Laurent Gbagbo), on ne doit pas faire confiance. Il ne quittera pas le pouvoir aussi facilement», laisse-t-il entendre. Le commissaire politique, Doumbia est moins rigide dans sa position. Bien que n'ayant pas foi au respect de la date, il dit espérer de tout son être qu'il n'y ait pas un autre report. « Nous sommes pessimistes. Nous ne croyons pas au respect de la date. Mais, même si on dit que les élections c'est pour demain, le Rdr est prêt», lâche-t-il, le ton confiant. Diaby Moussa, un autre membre du grin apporte la contradiction à ses devanciers. Lui, croit que toutes les conditions sont réunies pour la tenue effective des élections le 29 novembre. «Moi je suis optimiste. Il y a des signes qui ne trompent pas. Si les Forces nouvelles ont accepté de laisser la place aux préfets, c'est qu'elles ont foi en la date du 29 novembre», analyse-t-il. Les échanges s'ouvrent maintenant autour des questions économiques. L'acceptation de la Côte d'Ivoire au point de décision de l'initiative Ppte est à l'analyse. Selon Doumbia Nomory et Kandé Magloire, l'existence même de cette initiative est la preuve que les pays africains ont mal utilisé leurs emprunts. «Ce qu'on vit est la conséquence de la mauvaise gestion du pouvoir en place et tous ceux qui l'ont précédé». C'est après minuit que les animateurs du grin se sont quittés après avoir échangé plusieurs tournées de thé, accompagnées d'arachide et de la viande. Ils ont promis de se retrouver le lendemain.


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