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Économie Publié le vendredi 4 novembre 2011 | L’intelligent d’Abidjan

Invité de l’IA lundi dernier / Le ministre des Transports Gaoussou Touré tout feu, tout flamme : ‘’Nous allons dégager ceux qui refusent la révolution’’

© L’intelligent d’Abidjan Par DR
Activités gouvernementales : le ministre des transports, Gaoussou Touré invité de la rédaction du quotidien l`intelligent d`Abidjan
Lundi 31 Octobre 2011. Abidjan. Siège du journal "l`intelligent d`Abidjan". L`invité de la rédaction est le ministre des Transports Gaoussou Touré. Plusieurs personnalités du monde des transports ont également fait le déplacement pour assister aux échanges.
Invité de la rédaction de l’IA, le lundi 31 octobre 2011, le ministre des Transports, Gaoussou Touré, a fait d’importantes révélations et annoncé de profondes réformes. Morceaux choisis : «Je vais tout révolutionner». Ou encore «Nous allons dégager ceux qui refusent les réformes ». La révolution Gaoussou Touré plane sur les têtes. Ci-dessous, l’intégralité de son intervention.

«Monsieur le directeur général, monsieur le directeur de cabinet, messieurs les membres du cabinet, messieurs les directeurs généraux, directeurs centraux et chefs de service, messieurs les présidents des entreprises de transport ici présents, mesdames et messieurs, c’est un plaisir pour moi aujourd’hui de saisir l’opportunité que m’offre notre frère, directeur général pour qu’effectivement nous puissions échanger sur notre plan d’action approuvé par le gouvernement. Mais avant tout propos, je voudrais remercier le directeur général et remercier le ministre de la Communication qui assure la tutelle de la structure qui nous reçoit et remercier l’ensemble du gouvernement. Parce que c’est grâce aux actions du gouvernement qu’aujourd’hui nous pouvons circuler partout en Côte d’Ivoire. Et que ce matin nous pouvons venir vous entretenir sur des sujets aussi importants que les enjeux du transport. En Côte d’Ivoire, les enjeux des transports se résument à la modernisation des différents secteurs et aussi à la création de richesses dans ce secteur qui est vital pour l’économie. Toutefois, d’entrée de jeu, je voudrais vous dire que nous avons hérité d’un ministère des Transports complètement sinistré au niveau de tous les secteurs d’activités. Tant au niveau du transport routier, du transport aérien, du transport maritime et du transport ferroviaire. Notre tâche est donc difficile parce qu’il s’agit de tout reprendre à zéro pour qu’effectivement nous puissions doter le ministère de toutes les structures qu’il faut pour lever les défis que nous avons, car il n’y a pas d’économie forte sans transport fort.
Cela dit, si vous le permettez, nous allons brièvement présenter l’ensemble des secteurs en n’insistant pas sur les problèmes mais en développant surtout les solutions parce que c’est ce que les Ivoiriens attendent.
Au niveau du transport routier, nous pouvons dire que ce secteur est totalement sinistré parce que nous avons un parc auto vieillissant, des routes totalement dégradées et nous sommes arrivés au moment où la corruption était vraiment à son niveau le plus élevé parce que les bailleurs de fonds qui nous évaluent chaque année, évaluaient en 2008 à 150 milliards de F CFA les rackets. Mais, en 2010, les rackets ont atteint les 350 milliards de F CFA. C’est dire que c’était devenu un grand fléau. Le point important au niveau de la modernisation du transport, c’est d’abord l’organisation des transporteurs eux-mêmes. Parce que ce sont les problèmes humains qui sont les plus importants. A ce niveau, je me réjouis de l’opportunité que vous m’offrez pour dire que notre vœu au niveau du transport, c’est surtout de faire des entreprises de transport, des grandes sociétés pour qu’effectivement le transport soit valorisé avec les transporteurs. Cela veut dire qu’à notre arrivée, nous avons dit à nos frères que la forme de regroupement qu’ils ont choisie n’est pas la bonne. Parce que les transporteurs ont décidé de se regrouper en syndicats. Or, dans mon entendement, pour moi, les transporteurs sont des chefs d’entreprise. Ils ne peuvent pas donc se syndiquer contre eux-mêmes. Si c’est pour parler au gouvernement, il y a des structures appropriées. C’est la Chambre de Commerce, c’est la Fédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire. Raison pour laquelle, nous avons dit qu’il nous était impossible de consacrer notre temps aux problèmes des syndicats. Parce que nous ne sommes pas leur ministère de tutelle. Les syndicats sont autorisés par le ministère de l’Intérieur qui peut les suspendre, les dissoudre et prendre toutes les sanctions qui s’imposent. Nous n’avons rien contre les syndicats et je profite de ce micro pour dire que je n’ai jamais demandé la suppression ou la dissolution des syndicats. Mais je répète haut et fort que mes partenaires sont les entreprises de transport. Parce que je suis le ministre des entreprises de transport et non le ministre des syndicats. Les associations et les syndicats de transporteurs que nous avons trouvés dans nos fichiers sont environ au nombre de 350 inscrits. Si nous avons voulu recevoir ces 350 syndicats et associations pour échanger, cela allait être notre programme au cours de ces trois mois. Donc, on aurait rien présenté de concret au Chef de l’Etat. Qui n’attend que des résultats. C’est la raison pour laquelle, j’ai dit à mes frères qu’il faut qu’ils me comprennent et que nous allions à l’essentiel parce que le Président de la République a promis aider le secteur du transport. Et je vous ai dit haut et fort que le Président Alassane Ouattara a adopté un programme qui va revaloriser les transporteurs et leur permettre de vivre du fruit de leur travail plutôt que par la vente des tickets en tant que syndicats, dans les gares routières. Vous êtes très importants pour le gouvernement et je souhaite que les transporteurs le comprennent. On ne peut pas avoir 350 élus et dire qu’il faut 350 interlocuteurs au ministre. Nous avons besoin d’avoir des interlocuteurs. Pour ce faire, nous allons organiser très bientôt des élections au niveau de l’ensemble des départements pour élire des délégués. Et les délégués élus, une centaine environ, viendront élire le président de la fédération. Pour nous, c’est très important parce qu’il faut que les transporteurs eux-mêmes disent au gouvernement leurs attentes. Ensuite, les bailleurs de fonds qui vont nous financer pour qu’on puisse mettre en place tous les programmes que nous avons élaborés. Ces bailleurs de fonds nous demandent d’avoir des représentants parce que pour eux, il n’y a pas de représentants fiables au niveau des transporteurs. Et il n’y a que les élections qui peuvent nous permettre d’avoir des représentants reconnus sur l’ensemble du territoire. Je demande à nos frères de le comprendre ainsi et de nous aider pour que nous puissions les aider. Le syndicat est à but non lucratif, c`est-à-dire qu’il n’est pas créé pour chercher de l’argent. Il ne fait pas de bénéfices. Quand vous inscrivez cela au niveau de la banque, vous dites à la banque, donnez-moi un crédit mais je ne vais pas vous payer. Parce que c’est le bénéfice que vous réalisez qui permet de rembourser le crédit, de payer les agios et d’avoir pour vous-même de l’argent pour continuer à faire prospérer votre affaire. Mais si vous dites à la banque que je ne payerai pas, vous pensez qu’une banque avec cette intention peut vous donner de l’argent ? C’est pourquoi nous vous demandons de vous organiser en entreprise de transport. Si vous savez que vous ne pouvez vous entendre avec personne, nous sommes d’accord. Vous pouvez faire seul votre entreprise de transport. Il n’y a aucune obligation. Si vous voulez faire à deux ou à mille, il n’y a aucun problème. Toutes les structures d’entreprise sont acceptées dans notre programme.

Le deuxième volet important, c’est le renouvellement du parc auto. Parce qu’aujourd’hui, nous avons un parc auto vieillissant. La moyenne d’âge de nos taxis, actuellement, c’est vingt (20) ans. Ce n’est plus des taxis mais ce sont des usines de fabrication de gaz à effet de serre. Au moment où le monde entier se mobilise pour la réduction des gaz à effet de serre, la Côte d’Ivoire ne peut pas dire que ce n’est pas son problème. Parce que cela a une incidence immédiate sur la santé des populations. Nous devons revenir aux normes. Les taxis ne doivent pas avoir plus de cinq (05) ans. Aujourd’hui, nous allons aider les transporteurs et tous nos frères qui sont dans les gares. Parce que si nous demandons d’arrêter les actions de vandalisme dans les gares, il faut que nous puissions faire des propositions à nos jeunes frères. Très bientôt, nous allons leur faire des propositions pour qu’effectivement, ils puissent disposer de taxis qui vont leur appartenir. Je le dis ici haut et fort, et tout fier parce qu’aujourd’hui, j’ai le système bancaire derrière moi. Nous avons déjà signé avec la SIB, nous allons signer très bientôt avec Ecobank, la Bsic, la BICICI, ALIOS, la société générale et la BIAO. C’est dire qu’aujourd’hui, nous n’avons plus de doute sur la réalisation de notre programme. Et pour nous, cela était très important. Parce que si on n’a pas d’argent, on ne peut pas acheter de matériels. Et cela est très clair. Mais aujourd’hui, comme nous avons l’argent pour acheter le matériel, c’est nous qui sommes en position de force. Dans la politique de renouvellement du parc auto, ce qu’il faut retenir, c’est qu’à chaque catégorie de transport, nous allons choisir trois ou quatre types de véhicules. Parce qu’en ce moment, dans les poids lourds par exemple, on a Mercedes et DAF. Ces Mercedes et DAF ont été sélectionnés parce que ce sont ces véhicules qui ont montré leur fiabilité au niveau du transport en Côte d’Ivoire. Toutefois, nous avons plus d’une centaine de marques Mercedes. On ne peut pas donc bénéficier de réduction. Nous allons avec vous choisir le type de véhicules qu’il faut. Et une fois que nous allons faire le choix, c’est ce type que nous allons commander pour tout le monde. L’entretien sera facile parce que nous allons former des mécaniciens qui seront dans toutes les régions pour que partout où vous êtes en Côte d’Ivoire, on puisse réparer sans problème, votre véhicule.

Le troisième point important, c’est vraiment la lutte drastique contre le racket. Je peux me féliciter déjà. Il y a beaucoup de transporteurs qui nous ont félicité parce que quand on disait que nous allons engager la lutte contre le racket, tout le monde disait que : ce sont les mêmes mots des gouvernements et que tous les gouvernements passés l’ont dit, mais on n’a rien vu. Mais, aujourd’hui, grâce à son excellence Alassane Ouattara et au Premier ministre Soro Guillaume, les barrages ont été réduits aux barrages légaux. Personne ne pouvait se l’imaginer. Personne ne savait qu’on pouvait démanteler les centres d’enregistrement au niveau des zones CNO (Ndlr : centre, nord et ouest). Aujourd’hui, cela a été fait. Et nous continuons. Nous savons que, malgré les efforts, les tournées que nos agents font, en ce moment, sur la route, la nuit, il y a des barrages qui viennent toujours s’installer. Désormais, il y aura deux équipes. L’une travaillera la journée et l’autre la nuit. Pour qu’effectivement ce phénomène puisse réellement disparaître. En un mot, au niveau du transport routier, je voudrais dire à nos frères transporteurs, que l’heure de l’organisation a sonné. Le Président Alassane Ouattara est venu appuyer, créer des richesses au niveau de votre secteur, pour organiser votre secteur pour que l’ordre et la discipline règnent dans votre secteur et que le transporteur soit respecté partout où il passera parce qu’il est un opérateur économique essentiel du développement économique de la Côte d’Ivoire».

La vision du Président Ouattara en matière de transport ferroviaire

Au niveau du transport ferroviaire, je voudrais vous dire que nous avons exactement les mêmes problèmes. Parce qu’aujourd’hui, la Sitarail ne fonctionne presque plus. Et les rails que nous avions, ont été sérieusement détériorés. Mais, le gros problème de ces rails, c’est l’écartement métrique qui ne profite qu’aux trains qui roulent à 30 km à l’heure et des trains qui ne peuvent pas charger suffisamment au moment où les autres sont à 400 km à l’heure. Si nous devons rouler à 30 km à l’heure, c’est montrer notre retard dans le secteur. C’est la raison pour laquelle au niveau du plan de développement de ce secteur, nous avons prévu de faire deux grandes lignes. La première qui va d’Abidjan jusqu’à Niamey au Niger et une autre qui va rallier San-Pédro à Sikasso et qui sera interconnectée à partir de Ouangolodougou à la voie ferrée Abidjan-Niger. C’est dire que nous avons des investissements colossaux dans ce secteur. Chacune des lignes nécessite en termes d’investissements au moins mille milliards de FCFA. Mais aujourd’hui, nous pouvons le dire, parce qu’avec l’arrivée du Président Alassane Ouattara au pouvoir, les investisseurs sont prêts à nous accompagner.

L’engagement des chefs d’Etat des pays de l’hinterland

Tous les Chefs d’Etat des pays qui seront traversés par cet ouvrage important de notre département sont mobilisés et décidés à jouer leur partition pour que tous ces projets se réalisent. Et tous les usagers sont d’accord pour qu’on puisse faire ces chemins de fer qui seront un acte concret d’intégration de nos économies et de nos Etats. Jusqu’à présent, les populations pensent que l’intégration, ce sont des mots en l’air. Mais quand ces chemins de fer vont se faire et qu’on verra les trains assurer le trafic, il n’y aura pas de problèmes. Et nos amis Nigériens, Maliens, Burkinabè sont plus encore pressés que nous. Donc aujourd’hui, toutes les opportunités sont offertes pour qu’on puisse mettre ces chemins de fer en route. Nous avons tous des minerais de fer à exploiter. Au niveau de la Côte d’Ivoire, à Man, nous avons les minerais de fer. Nous avons les minerais de nickel à Man et Biankouma ainsi que le manganèse à Odienné. Nos frères du Mali ont du manganèse et du nickel à exporter. Cela fait donc plus de marchandises qu’il faut transporter entre Abidjan et Bamako. Au Niger, il y a également beaucoup d’espoir pour une croissance du flux des affaires. Ce pays, comme nous le savons tous, a le plus grand minerai de nickel au monde. Ils ont besoin d’importer 500.000 tonnes de souffre quand ils vont fonctionner en pleine capacité. Et aujourd’hui, la Côte d’Ivoire a une très grande position au niveau du chemin de fer dans la sous-région parce que tous les ports de l’Afrique de l’Ouest sont aujourd’hui saturés. Que ce soit Abidjan, Lomé, Dakar ou Cotonou, tous les ports importants de notre sous-région sont saturés. Chez nous, il n’y a aujourd’hui que le port de San-Pédro qui tourne en dessous de sa capacité. Ce port peut traiter 20 millions de tonnes de marchandises par an. Mais, il ne traite qu’un (1) million de tonnes aujourd’hui. C’est une chance pour la Côte d’Ivoire que nous devrons transformer en réalité pour que les opérateurs Maliens, Burkinabè et Nigériens qui vont mettre des minerais en route dans leurs pays, puissent passer par nos ports. Et la rentabilité est établie. Quand on faisait le programme de gouvernement (Vivre ensemble du Dr Alassane Ouattara), nous n’avions pas intégré la sous-région. Les études avaient été faites uniquement pour la Côte d’Ivoire. C’était déjà rentable. Maintenant que tous les autres viennent s’ajouter, la rentabilité devient intéressante. C’est la raison pour laquelle, nous allons discuter avec tous les partenaires, tous les bailleurs de fonds pour que ces ouvrages soient mis en route le plus rapidement possible. Le Président de la République tient à ce que ces projets soient une réalité avant la fin de son mandat.

Une nouvelle compagnie pour remplacer Air Ivoire

Au niveau du secteur aérien, les enjeux que nous avons, portent sur deux points principaux. Le premier, c’est d’abord avoir une compagnie nationale. La compagnie Air Ivoire que nous avions ne vole plus. La Côte d’Ivoire ne peut être le hub de l’Afrique de l’Ouest et ne pas avoir sa propre compagnie. Le Président a donné des instructions fermes pour que dans les meilleurs délais, nous puissions créer la nouvelle compagnie aérienne nationale. Les pourparlers sont très avancés. Un partenaire technique a été déjà choisi. Tout est au point. Ce qui reste maintenant, c’est que les vols puissent démarrer. Le chronogramme que nous avons aujourd’hui, est qu’avant le 31 janvier 2012, le premier vol va démarrer. Et je profite de votre tribune pour donner le nom de cette compagnie. Il s’agit d’Air Côte d’Ivoire. Jusqu’à présent, on a parlé de nouvelle compagnie mais on n’avait pas encore donné de nom. Ce sera Air Côte d’Ivoire.

La certification de l’Aéroport d’Abidjan, un autre défi à relever

Le deuxième point, c’est la certification de l’Aéroport d’Abidjan. C’est un enjeu personnel pour moi-même. J’ai une grande frustration lorsque je pars à Accra et je vois que l’Aéroport est certifié et peut organiser des vols directs sur les Etats-Unis. Quand on va à Monrovia et qu’on voit que c’est certifié et qu’on regarde les investissements qui ont été réalisés ici à Abidjan et que l’Aéroport qui est moderne et qui n’a rien à envier aux aéroports européens, n’est pas certifié, pour moi, la certification est un point d’honneur. Nous avons mis les programmes en route. Il s’agit de corriger toutes les anomalies qu’on nous reproche pour qu’effectivement, nous puissions être certifiés. Mais, avant cela, ce qui est important, c’est la classification en catégorie 1 de notre autorité de régulation (l’ANAC). Sans cela, même si nous remplissons toutes les conditions de la certification, nous ne le serons pas. Nous avons déjà entamé ce programme. Et nous pensons que d’ici fin janvier, nous serons classés en catégorie 1 de la plus grande fédération de régulation des activités aériennes au niveau des USA. Une fois que nous aurons ce feu vert, ce passeport, nous allons embarquer pour qu’avant juillet 2012 l’Aéroport d’Abidjan soit certifié. C’est un enjeu très important. Nous y travaillons jour et nuit. Et nous sommes certain que nous allons apporter cet honneur et ce bonheur aux Ivoiriens. Surtout que notre pays vient d’être éligible à l’AGOA. Si la Côte d’Ivoire est éligible à l’AGOA et que nous ne pouvons pas aller comme nous le voulons aux USA directement, on ne peut pas tirer tous les avantages de notre éligibilité. C’est un élément sur lequel nous allons travailler. C’est le lieu de vous dire que l’une des plaies de la Côte d’Ivoire, c’est qu’on considère l’aéroport comme une passoire. Il suffit de donner un peu d’argent et tu passes. Si vous allez à l’aéroport maintenant, vous devez constater le changement. Les chargeurs de bagages à l’intérieur de l’aéroport par le passé n’y ont plus accès. Nous avons changé les badges. Tous les jours, j’ai sur mon bureau, des demandes de badges parce qu’il y en a qui avaient des privilèges qu’ils veulent maintenir. Je leur demande pardon, ils ne les auront plus. Si nous voulons être certifiés, c’est le prix que nous devrons payer. C’est très important. Tous ceux qui ne doivent plus être dans la zone aéroportuaire, n’y seront plus. Cela me permet d’aller allègrement vers le secteur maritime. Au niveau maritime, les enjeux sont également très importants.

Des enjeux importants pour le secteur maritime

Nous avons un enjeu à court terme et très important. Le Chef de l’Etat vous l’a dit. Le ministre Achi Patrick vous l’a également dit : la Côte d’Ivoire est en chantier et le pays sera totalement en chantier en 2012. Tout Abidjan sera en chantier. La circulation sera impossible. Parce qu’on doit construire l’échangeur du troisième pont au niveau de Marcory. Ce qui va bloquer le boulevard Giscard d’Estaing. On va réaliser l’échangeur du Boulevard de la Riviera, sans compter tous les autres ouvrages à réaliser. Certes, l’Etat a pris avant des dispositions, dont des voies que nous venons d’ouvrir notamment aux 2 Plateaux et à Cocody. Mais cela est insuffisant. La seule chose qui va nous permettre d’amoindrir les désagréments que les populations d’Abidjan vont subir, c’est vraiment de développer le bateau-bus, le transport fluvial. Lors des Etats généraux de la mer, nous avons lancé un appel à tous les investisseurs du monde entier pour dire que nous ne tenons plus à accorder le monopole à une société. Toutes celles qui veulent venir nous aider à régler notre problème, nous sommes prêts à les accueillir. Et notre appel a été entendu. Nous avons cinq structures mondialement connues qui sont en pourparlers avec nous pour réaliser cette opération. Et je pense que dans les jours à venir, le Chef de l’Etat va trancher pour qu’effectivement des dispositions soient prises. Au niveau des états généraux de la mer, nous avons adopté le nouveau code de la marine. Le code que nous avions, était vieux de plus de cinquante ans. Le nouveau code accorde une grande place au secteur privé, à la sécurité maritime. Les deux tiers de notre superficie terrestre ont une ouverture sur les eaux. Tout le monde peut venir travailler. Personne n’est inquiété. Il faut que cela cesse pour que les ressources que nos flancs lagunaires génèrent, reviennent effectivement à la Côte d’Ivoire et que la marine soit un gisement de création d’emplois. On constate aujourd’hui, qu’en mer, les sociétés viennent avec les ouvriers pour travailler. Cela est inadmissible. Nous allons mettre de l’ordre pour qu’on accorde la priorité aux Ivoiriens au lieu que les uns et les autres viennent. Pour les techniciens-experts, nous sommes d’accord. Mais pour le petit personnel, il est important qu’il soit recruté ici sur place. Aujourd’hui, je suis venu pour vous écouter. Je voudrais dire en résumé que ce que nous allons faire, c’est d’avoir un secteur routier fort, de remettre le transport routier entre les mains des entreprises nationales. C’est de faire en sorte que nous ayons de nouveaux équipements au niveau du transport, que nous arrêtions la pollution pour que les Ivoiriens soient en bonne santé. Mais je vous répète : Aidez-moi à faire en sorte que nous puissions faire régner l’ordre et la discipline dans le secteur. Le Président de la République vous a promis qu’il veut faire de la Côte d’Ivoire un Etat fort. Un Etat fort, c’est un Etat qui assure la sécurité des biens et des personnes, qui se soucie des populations vulnérables. C’est un Etat qui trouve des solutions à tous les problèmes des Ivoiriens. Il l’a promis. Et nous en parlons aujourd’hui parce qu’il sera exécuté.


Phase questions-réponses (1ère partie)
1- Bamba Mafoungbé, Le Temps :
M. le ministre, la question du syndicat semble ne pas vous préoccuper. Allez-vous les abandonner au seul sort du ministre de l’Intérieur ?

2- Emeline Péhé, Journaliste à la Tribune de l’Economie :
M. le ministre, vous avez annoncé plusieurs projets. Où allez-vous trouver les fonds ? Il y a une pléthore de syndicats dans le secteur des transports. Comment se fait concrètement la collaboration entre ces 350 syndicats et le ministère des Transports?
3- Edmond Kouadio, Journaliste à Nouveau Navire :
Vous avez parlé de l’organisation des états généraux au niveau de la mer, il y a insécurité au niveau de l’eau, au niveau de notre environnement maritime. Vous n’avez pas parlé de cela alors que nous savons qu’il y a eu des incidents dans les années passées. Qu’est-ce que vous faites pour remédier à cela ? Et puis, nous savons que la Côte d’Ivoire fait partie d’une zone exclusive. Cette zone-là n’est pas mise en place. Quelle est votre politique là-dessus ?
4- Maxime Wangué, journaliste à l’Intelligent d’Abidjan :
M. le ministre, on a coutume de dire en Côte d’Ivoire que la vitesse tue, mais je dirais la route tue. Sur nos routes, on continue de voir les gros camions circuler. Alors qu’il y a une réglementation en vigueur qui interdit à ces gros engins de circuler à une certaine heure. Que fait votre département ? Certains accidents sont dus à ces gros camions qui circulent à ces heures qui ne leur sont pas permises. M. le ministre, que faites-vous ?


Réponses
Je remercie tous les intervenants parce que nous avons vraiment des questions très intéressantes. Je vais commencer par M. Bamba Mafoungbé du quotidien « le Temps ». Il nous a parlé des problèmes du syndicat. Pour lui, est-ce que nous pouvons ignorer les syndicats ? Ce que je vous dis, c’est que pour les entreprises de transports, nous allons avoir tous les syndicats. Parce que tous ceux qui sont à la tête aujourd’hui, s’ils sont transporteurs, ils sont à la tête des syndicats. Tout ce que nous leur demandons, c’est de changer de forme pour qu’on puisse les aider et qu’on puisse trouver de l’argent qu’il faut pour les aider. Sans argent, on ne peut rien faire. C’est important qu’ils le comprennent. C’est pour leur bien que nous disons : « mettez-vous en entreprise ». Ensuite, l’Etat va créer une fédération des entreprises qui sera une structure économique. Mais pas une association, encore moins un syndicat. Et en ce qui concerne la structure économique, l’Etat peut aider à lever tous les fonds qu’il faut dans le cadre de la coopération, et également dans le cadre de l’Etat lui-même. D’abord il y a des gares routières que nous allons construire, nous allons avoir des grands projets avec cette fédération. Une fois que les élections seront terminées, l’Etat attribuera un terrain aux syndicats pour qu’effectivement on puisse disposer d’un grand siège pour les transporteurs. Pour ce siège-là, nous avons déjà le financement avec les bailleurs de fonds. Ils attendent tout simplement que nous fassions les élections pour qu’on puisse doter notre fédération d’un grand siège digne des transporteurs. Et, à partir de ce siège, nous allons penser à l’organisation complète de la vie des transporteurs. Parce qu’on mettra en place une protection maladie, une couverture sociale. On fera en sorte que lorsqu’ ils sont malades, ils bénéficient d’un soin. Lorsqu’ils sont vieux et qu’ils ont l’âge de la retraite, qu’ils aient une retraite professionnelle. Ensuite, nous allons nous organiser de sorte que tous les auxiliaires du transport puissent faire des opérations de logements décents. Tout cela ne peut pas se faire si nous restons dans l’état actuel. Ceux qui ont été élus pour que les bailleurs de fonds soient rassurés, parlent au nom des transporteurs. Parce que les actions qu’ils veulent poser, ce n’est pas qu’on donne de l’argent pour que l’Etat l’utilise à d’autres fins. Mais, donner de l’argent pour améliorer les conditions de vie des transporteurs afin qu’ils aspirent au bonheur que le Président Alassane Ouattara veut apporter aux Ivoiriens. Nous, notre rôle, c’est de leur venir en aide en créant le maximum de richesses dans ce secteur. Donc, je prie nos frères de bien l’expliquer aux absents. Parce qu’on n’a pas que des amis.

Le syndicalisme, une affaire de racket à visage découvert

Pourquoi y-a-t-il eu beaucoup de syndicats ? Il y a eu beaucoup de syndicats parce que ceux qui ne veulent rien faire viennent sur les gares routières pour imposer leur loi, parce qu’ils ont des «gros bras», gendarmes et policiers sous leur coupole qu’ils paient pour racketter. Je dis que les billets que les gens vendent là-bas sont du racket. L’Etat n’a autorisé aucun syndicat à faire des prélèvements dans les gares. Donc, ce sont eux-mêmes qui fixent les prix. Aujourd’hui, c’est 1000 FCFA. Si la femme a accouché aujourd’hui et qu’il a besoin de beaucoup d’argent, il vient le matin, et il dit aujourd’hui ce n’est pas 1000 FCFA, c’est 2000 FCFA. Les passagers vous devez payer 200 FCFA. Et on oblige tout le monde à payer 200 FCFA. C’est ce que nous vivons aujourd’hui. Mais avant, il n’y avait qu’un seul syndicat, après on est passé à deux. Comme on a vu qu’il y a des billets qui sont vendus et qu’il y a des gens qui gagnent de l’argent, alors tout le monde a créé un syndicat pour venir vendre aussi des billets et avoir de l’argent. Mais comme il y a 350 syndicats aujourd’hui qui revendiquent, la donne change. Donc quand ton tour arrive, si on veut procéder par étape, tu attends un an et plus pour repasser. Pour ne pas s’y soumettre, ceux qui sont plus forts viennent s’imposer. C’est la loi du plus fort qui règne dans les gares aujourd’hui. C’est pourquoi, nous avons des bagarres tous les jours au niveau des gares. Les bagarres ne sont rien. C’est une affaire d’argent. De l’argent illégalement prélevé sur les pauvres citoyens. Donc l’Etat ne peut pas accepter. Mais lorsque nous allons donner des emplois aux gens, que les taxis seront renouvelés, tout cela prendra fin. Vous pouvez nous faire confiance. Nous mettrons en place un Etat fort. Dans un Etat fort, il ne peut pas avoir deux Etats. Cela dit, c’est très clair. Je précise encore que je n’ai rien contre les syndicats. Mais quand ils me sollicitent, ils doivent venir me voir avec leur projet d’entreprises. Parce que je suis le ministre des entrepreneurs au niveau du transport. Je suis le ministre des usagers. C’est donc eux que je dois défendre. Ce que je n’ai pas comme attribution, je ne vais pas aller m’occuper de cela. C’est l’attribution du ministre de l’Intérieur. S’il me demande de l’aider dans un secteur, au niveau de la solidarité gouvernementale, là, il n’y a pas de problème. Mais, j’ai suffisamment de problèmes pour que je puisse aller m’immiscer dans les dossiers des autres collègues. Ce n’est pas ma mission, et je ne vais pas m’attarder sur ce volet.

La SOTRA, une entreprise entièrement sinistrée

Nous avons trouvé la Sotra, une société complètement sinistrée, complètement morte. Compte tenu de l’importance de cette structure, l’Etat était obligé de se mobiliser pour qu’on fasse rapidement un plan de restructuration pour sauver cette entreprise. C’est ce que nous avons fait. Et la restructuration demande beaucoup d’argent. Parce qu’il n’y a pas de bus, il n’y a rien. Il faut renouveler tout le parc auto que nous avons eu. Vous savez qu’un bus, c’est plus de 100 millions FCFA. Les bus qui ont été achetés avec TATA, ont été une catastrophe. Aujourd’hui, tous ces bus, si nous voulons, doivent être immobilisés parce que cela ne répond à aucune norme. Or, aujourd’hui, la Sotra qui est une société détenue majoritairement par l’Etat de Côte d’Ivoire ne peut pas être abandonnée. Très bientôt, au mois de novembre, nous attendons les premiers nouveaux bus qui vont arriver. A la fin de l’année, nous devons renouveler 300 bus qui sont déjà commandés pour la Sotra. Nous avons 100 bus ici qui vont être reformés.

Les flancs lagunaires, plus une exclusivité de la SOTRA

Je ne fais pas d’exclusivité. Nous sommes ouverts à toutes les solutions. Il faut être réaliste dans la vie. La Sotra avait déjà des problèmes. Même pour avoir des bus pour réaliser son premier rôle de transporter les Ivoiriens par la route, on a déjà des problèmes. Ce n’est pas une petite somme qui est demandée. Je viens de dire que le plus petit bus, ce sont 150 millions de FCFA, voire plus. Quand on achète une centaine, vous savez déjà ce que ça coûte. Si on demande à la Sotra au même moment de faire des investissements importants pour construire des bateaux-bus dont nous avons besoin, parce qu’il ne s’agit pas d’attendre 1 ou 2 ans. Il s’agit de répondre à un problème qui va être crucial dans un mois. On dit gouverner, c’est prévoir. C’est pour cela que nous ne pouvons pas attendre que le problème éclate ou que les Ivoiriens soient en difficulté pour courir partout pour résoudre les problèmes. Nous savons déjà, du fait qu’Abidjan sera en chantier. Il y aura des problèmes. Donc notre rôle en tant que ministre, on n’attendra pas à ce que le problème se pose pour que les Ivoiriens soient sur notre dos. On cherche des solutions immédiates au problème. C’est pour cela que l’Etat avec l’autorisation du Président de la République, a ouvert le marché à l’ensemble des sociétés. Il y a cinq (5) sociétés qui sont là. Mais nous avions demandé à ces sociétés-là de trouver des partenaires ivoiriens. On ne veut pas faire les choses sans les Ivoiriens. Parce que la lagune est d’abord pour les Ivoiriens. Ce qu’on aura au niveau de la lagune, il faut que vous ayez des privés ivoiriens avec vous pour faire le travail. Ces sociétés nous ont déjà présenté les partenaires avec lesquels elles vont travailler en Côte d’Ivoire. Sur ce point, je pense que vous pouvez être sereins. On aura toujours beaucoup de choses à faire au niveau de la Sotra. Nous sommes de grands projets pour la Sotra. Si vous vous rappelez, lorsque je suis passé à télévision pour présenter notre programme, j’ai dit que les gens peuvent être tranquilles. Il n’y aura pas de licenciement au niveau de la Sotra. Mieux, dans un an, nous allons faire un recrutement massif au niveau de la Sotra. Parce que nous avons de grandes ambitions pour que les bus soient montés à Abidjan ici. Et la Sotra a déjà les partenaires identifiés. Là encore nous avons des choix. Donc, c’est dire que nous sommes en bonne position. Tout le monde veut faire ce travail-là. Tout le monde veut aider la Sotra aujourd’hui à monter des bus ici directement. Non seulement pour couvrir les besoins de la Côte d’Ivoire mais pour couvrir les besoins de la sous-région. C’est un grand programme qui va occuper pleinement Sotra industrie. Mais je n’ai pas de problème si le Dg de la Sotra me dit aujourd’hui que demain je suis capable de mettre tous les bateaux-bus en service et qu’il me montre un programme et que je suis sûr que les financements sont là, l’argent est là, il n’y a pas de problème. Je serai avec la Sotra.

Le racket, un mal qui dégrade l’image du ministère des Transports

Je trouve anormal qu’on fasse attendre des Ivoiriens pour un permis de conduire. Je trouve anormal que les gens quittent Odienné pour venir à Abidjan, rien que pour avoir un duplicata de permis. Donc, nous allons faire de grandes réformes. Mais je ne vais pas vous annoncer aujourd’hui les détails des grandes réformes. Parce qu’il y a des actes, quand on veut les poser, il faut être stratège. Parce que je sais que la réforme ne plaît pas à tout le monde. Y compris certains de mes collaborateurs. Donc si je dévoile ma batterie, il y a des choses que je ne dis même pas à mes collaborateurs. Si je le dis, ceux qui sont encore là seront au courant immédiatement. Et ils vont mettre les pieds dessus. Donc je garde cela pour moi-même. Il faut dire la vérité. Il faut dire les choses telles qu’elles se passent. Parce que quand nous sommes venus et qu’on a dit simplement qu’on va faire des réformes, et qu’on a essayé d’en parler, tout ce que nous avons dit, ceux qui sont contre, se sont levés. On a eu tous les coups de fil possibles. Mais avec Alassane Ouattara, cela ne se passera pas. Parce qu’il a dit qu’il va réformer le secteur du transport pour qu’il soit organisé. Nous avons trouvé un service où il n’y a aucune statistique. Il n’y a rien. Vous avez besoin de la moindre information, vous êtes obligés d’aller prier des privés, «leur demander pardon» pour qu’ils donnent des informations. Et il faut mettre 2, 3 ou 4 jours avant de vous fournir l’information. C’est inadmissible. Nous allons révolutionner le secteur des transports. C’est vrai que les gens souffrent, c’est vrai que les gens sont humiliés aujourd’hui, et j’en souffre personnellement mais il faut compter sur moi, nous allons tout changer pour faire en sorte que vous ayez des autorisations sans payer. Parce que c’est cela qui est le plus important. Que vous ayez des cartes grises sans payer. Aujourd’hui, quand vous avez fini de payer les frais et que c’est une autorisation de transport que vous demandez, on vous demande de payer au minimum 300.000 FCFA qui ne rentrent pas dans les caisses de l’Etat. Et qu’on empoche illégalement. Mais ce que ces agents oublient, c’est que, c’est nous tous qui payons cela. Parce que le transporteur après, il sait qu’il va payer 1 million de FCFA pour avoir son autorisation quand ce sont les gros camions. Il calcule cela dans ses charges. Et le coût du transport tient compte de cela. Plus le transport est cher pour les populations, plus la vie est chère. Or le Président a promis rendre la vie moins chère aux Ivoiriens. Donc nous devons jouer notre rôle au niveau du transport. Parce que rien que le racket coûte 350 milliards de FCFA. Si on répartit 350 milliards FCFA entre 25 millions d’habitants, tout le monde aura quelque chose (14000 FCFA). Ce sont des points sur lesquels la réforme est indispensable. Ce n’est même plus loin, nous aurons en Côte d’Ivoire une réforme révolutionnaire qui fera que nous allons tout avoir. Tout sera fait mais il ne s’agit plus de faire plaisir à des individus contre la population ivoirienne. Vous pouvez compter sur moi, cela sera fait. Même au niveau de nos agences qui écrivent et qui pensent parce qu’on m’a dit que pour la réforme, nous avons dépouillé la direction générale des Transports. Je ne sais pas qui l’a dit, qui l’a fait. Je n’ai signé aucun arrêté où j’ai dit que je dépouille la direction générale des transports au profit de la Sonatt. Si vous l’avez, il faut me sortir cet arrêté. Je n’ai rien signé. C’est pour cette raison que je dis que je ne déballe pas tout. Parce que ce que je ne dis pas, on le fait. Pourquoi on tient à ce que la direction générale des transports joue un rôle. Parce que les gens voient l’argent. Ce qu’ils se répartissent. Les agents, vous devez être sûrs que tout ce qui est prélevé illégalement va disparaître. Vous n’allez plus avoir les moyens de prendre l’argent avec les gens. Les transporteurs vont venir, et les délais seront respectés. Cela je vous le dis. Le permis, avec la réforme qui sera mise en place, vous aurez 48 heures au maximum pour le retirer. Si c’est 48 heures pour avoir le permis, pourquoi débourser de l’argent pour avoir le permis ? C’est sur cela que nous travaillons aujourd’hui. Quand tout est clean, tout est clair, on sait ce qui est fait, tout sera géré. Même au niveau du train. Parce que les Ivoiriens aujourd’hui sont hors du fret. Comme les transporteurs ne font que des palabres, tous ceux qui ont des bagages se sont organisés pour acheter des camions. Ils ont raison. Parce que quand ils viennent voir le transporteur et que celui-ci dit demain je vais te donner le camion, c’est le surlendemain que le camion arrive. Et quand il charge, il rentre au garage. Il peut faire 3 à 4 voire 5 jours. Quand il sort du garage, il s’en va garer en bordure de route pour dire que : «j’ai cassé mon pot d’échappement, ça ne va plus». Le transport coûte 1 million de FCFA, on présente au chargeur les dépenses de 2 millions de FCFA. Comme il sait qu’il a sa marchandise où il y a souvent 30 millions de FCFA ,40 millions de FCFA ou 50 millions de FCFA, et qu’il ne peut pas laisser tout ça en brousse, il est donc obligé de payer les 2 millions FCFA pour que sa marchandise arrive à destination. C’est pourquoi il fait un crédit d’un million FCFA au transporteur. Quand il a fini de faire ce crédit-là, le transporteur ne passe plus chez lui. Parce qu’il s’en va là-bas, on va lui prélever quelque chose pour payer le million FCFA. Quand c’est fait une ou deux fois, tout le monde s’organise pour donner satisfaction à leur client. Ils ne sont pas transporteurs mais ils sont obligés de faire du transport aujourd’hui. Si nous organisons le secteur, ils vont vous laisser la place. Parce qu’ils savent que vous savez faire mieux ce travail qu’eux. Ils auront plus d’argent en vous utilisant qu’en essayant eux-mêmes d’acheter leurs véhicules. C’est pour cela que je vous demande aujourd’hui de changer de comportement. D’être des agents dignes, travailleurs. On aura suffisamment d’argent, c’est en travaillant honnêtement que le transporteur va avoir plus d’argent. Ce n’est pas en escroquant que nous allons avoir de l’argent. Parce qu’un bien mal acquis ne profite pas. C’est la même chose. C’est vrai, qu’il y a une multitude de sociétés aujourd’hui. On a plus de huit (8) sociétés qui interviennent rien que sur le permis de conduire. Il faut faire en sorte que ce coût soit moins cher. Et c’est ce sur quoi nous allons travailler. Il ne s’agit pas seulement du permis, mais de l’ensemble des documents. Et le permis c’est la même chose que la carte grise ainsi que les autres pièces afférentes aux véhicules. Il n’y a pas de raison qu’on puisse vite avoir les autres papiers et que pour le permis, les choses traînent. Je préfère m’arrêter là pour le moment, mais je dis et je redis, nous n’avons rien contre quelqu’un.

La réforme du secteur des transports, une nécessité

Nous sommes tenus de faire les réformes pour que les engagements que le Président Alassane Ouattara a pris vis-à-vis des Ivoiriens, puissent être respectés. Il est impensable qu’Alassane Ouattara ne réussisse pas son programme. D’autant plus qu’il a mis à la tête du transport, celui là- même qu’il a désigné pour diriger l’ensemble du programme de son gouvernement dans ce domaine. Derrière chaque phrase, je sais ce que le Président pense. Alors, tout le monde peut être pardonné, mais si le ministre des Transports ne réalise pas son programme, il n’est pas pardonnable. C’est la raison pour laquelle je ne regarderai pas le visage de quelqu’un. Car je veux atteindre mon objectif, je veux rester longtemps à la tête du ministère des Transports. Et je sais que le Président ne me gardera pas si je n’ai pas de résultats malgré les bonnes relations que nous avons. Ça, c’est très clair à ce niveau. Et donc si j’ai un choix à faire entre moi-même, entre ce que le Président a dit et d’autres personnes, vous savez le choix que je ferai.

Des réformes au niveau du maritime

La Côte d’Ivoire était une grande puissance maritime. Aujourd’hui, nous ne le sommes plus. Il n’y a plus de société maritime ivoirienne au moment où nous vous parlons. Nous n’avons rien. Même pour défendre le pays aujourd’hui, on n’a rien. Les pirates ont pitié de la Côte d’Ivoire, sinon, ils peuvent tout piller dans le pays et il n’y aura rien. Il faut que nous travaillions. Nous avons plusieurs chantiers. Mais la priorité nous oblige à faire des choix. Nous sommes donc obligés de faire des sélections pour qu’on avance. Au niveau maritime, notre priorité c’est de faire en sorte que les Ivoiriens ne soient pas bloqués. Parce que la circulation est déjà difficile à Abidjan, si ça doit se compliquer et que le ministre ne prévoit rien, cela voudra dire que les gens n’iront plus au travail. Si tu dois mettre cinq heures pour quitter Yopougon, et qu’au retour, il faut passer cinq heures encore pour arriver chez toi à la maison, comprenez que les gens vont finir par craquer. C’est pour cela que nous avons lancé un appel pour un programme très important. Très bientôt, il y aura des sociétés maritimes qui vont être créées et je suis content que des Ivoiriens viennent me voir aujourd’hui pour dire qu’ils ont des partenaires et qu’ils sont prêts à investir dans le secteur maritime. Il y en a même qui sont assis ici dans cette salle et qui nous ont déjà présenté des partenaires solides. Y en a même qui ont présenté des banques qui sont prêtes à leur donner de l’argent pour créer leur compagnie. L’Etat sera avec eux et les aidera à créer leur compagnie pour que la Côte d’Ivoire redevienne forte au niveau maritime. Nous avons des atouts. Nous allons assumer nos responsabilités.
La Tribune de l’Economie me demande qu’on parle beaucoup de projets, est-ce que j’ai un budget ? Mais c’est ce que je vous dis. Quand on présentait le programme de gouvernement du Président Alassane, on disait que ce n’est pas possible que les gens-là ne nous parlent que de milliards, alors qu’on souffre, on a rien, où allons-nous trouver ces milliards-là ? Mais tous ceux qui le disaient ne le disent plus aujourd’hui ! Nous avons un Président qui a de la crédibilité au plan international et qui est reconnu mondialement pour sa saine gestion des affaires. Le secteur du transport est le secteur auquel le Président a accordé le maximum de financement. Parce que nous avons les routes à faire. Il y a plus de trois mille milliards qui sont prévus pour les routes. Et vous voyez qu’on a déjà commencé à changer la physionomie de nos routes. Mais ce n’est pas tout. Il y a des autoroutes qui vont être faites. Il y aura l’autoroute qui partira de Yamoussoukro jusqu’à la frontière du Burkina Faso. Et les Burkinabé ont presque fini l’autoroute qui part de Ouagadougou jusqu’à Bobo-Dioulasso. Donc, de la Côte d’Ivoire, on aura l’autoroute jusqu’à Bobo-Dioulasso. On avait prévu dans notre programme de nous arrêter à Bassam. Ce sont les bailleurs de fonds eux-mêmes qui sont venus nous dire qu’au lieu de nous arrêter à Bassam, eux, ils sont prêts à nous donner de l’argent pour continuer jusqu’à la frontière du Ghana. L’un des projets les plus difficiles à réaliser était la réalisation du barrage de Soubré où on avait prévu trois cents milliards d’investissement. Aujourd’hui, les sociétés se battent pour avoir la construction de ce barrage. Et pour nous Ivoiriens, la construction de ce barrage est très importante. Parce qu’aujourd’hui, l’énergie que la Côte d’Ivoire produit, c’est de l’énergie thermique. Certes, nous avons eu des barrages, mais leur poids est devenu très faible aujourd’hui. Si nous voulons avoir une électricité moins chère et abondante pour la Côte d’Ivoire, nous sommes obligés de construire ce barrage. D’autant plus que je viens de vous dire que nous avons le projet d’exploitation des minerais de fers de Man, du nickel et du manganèse. Ça, ce sont des industries qui sont grandes consommatrices de l’électricité. Pour que l’électricité soit disponible pour ces projets, il est important que nous puissions créer le barrage de Soubré qui va permettre de réduire considérablement le prix de l’électricité ivoirienne. Quand on dit budget, ça ne veut pas dire que les trois ou quatre mille milliards, c’est le ministre du Transport qui les gère et qui en fait son affaire. Non ! Le gouvernement, c’est vraiment une continuité. Le ministre du Transport dit : j’ai besoin d’une gare moderne à telle place. Le ministre des Infrastructures construit. Donc le gouvernement met l’argent à la disposition du ministre des Infrastructures économiques qui le réalise. Certes, il le gère en collaboration avec le ministre des Transports, mais c’est lui le gestionnaire et c’est lui qui a la responsabilité vis-à-vis de l’Etat et vis-à-vis du ministère de l’Economie et des Finances.

La collaboration avec les syndicats

Moi, je n’ai pas de problèmes avec eux, parce que je ne suis pas le ministre des syndicats. S’il y a un problème au niveau des syndicats, cela concerne le ministère de l’Intérieur. Et je fais confiance au ministre de l’Intérieur pour que s’il y a un travail à faire, que cela soit réglé. Maintenant, on peut être syndicat et en même temps entreprise de transport. Dans ce cas, quand vous venez chez moi, vous venez en tant qu’entrepreneur dans le secteur des transports. Chez le ministre de l’Intérieur, vous irez avec votre casquette de syndicat et il vous recevra. Notre ambition est d’aider les acteurs du secteur des transports à s’organiser en entreprises de sorte à avoir de l’argent. Et qu’ils puissent prendre soin de leur famille. Ce sont les grandes ambitions que nous avons pour les transporteurs. Si vous respectez l’ordre et la discipline et que vous suivez ce que nous vous disons, il n’y a pas de problème, nous allons arriver à bon port. Votre sort est donc entre vos mains. N’écoutez pas ceux qui veulent votre malheur. Ceux-là, ce sont eux qui veulent opposer les syndicats au ministère. Or, il ne peut y avoir d’opposition. Ce ne sont pas mes attributions et je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas.
«Si aujourd’hui on a un problème avec le Ghana, c’est parce que la Côte d’Ivoire elle-même n’était pas capable de surveiller ses propres côtes».
Le Nouveau Navire me parle de la sécurité au niveau de nos côtes. Je suis totalement d’accord avec vous et je l’ai dit et je l’ai dépeint en toute franchise. Même les pinasses que nous utilisons aujourd’hui ne remplissent aucune condition pour le faire, mais c’est notre mission et nous allons nous atteler pour qu’on puisse assurer la sécurité sur nos côtes et que ce soit la Côte d’Ivoire qui en tire le maximum de ressources au niveau de la lagune et de la mer. Cela est très important pour nous. Si aujourd’hui, on a un problème avec le Ghana, c’est parce que la Côte d’Ivoire elle-même n’était pas capable de surveiller ses propres côtes. Pour le reste, il n’y a pas de problèmes. On n’allait pas attendre qu’on dise qu’il y a du pétrole pour que les deux pays se disputent pour voir où est-ce que se trouvent les limites de nos frontières. Heureusement aujourd’hui, ceci constitue un problème que les deux présidents des deux pays, en hommes responsables, ont pris en main et le dossier qui est bien traité aujourd’hui. Les présidents sont d’accord, nos techniciens sont en train de travailler de telle sorte qu’on ait une frontière tracée sans problème et que la partie du pétrole qui se trouve sur la zone économique de la Côte d’Ivoire, soit une richesse de la Côte d’Ivoire et non une richesse du Ghana et vice versa.
Maxime Wangué de L’Intelligent d’Abidjan nous a posé la question sur la circulation des gros camions, qu’est-ce que le ministre compte faire. C’est la circulation même de la ville d’Abidjan tout entière. De nos jours, rien n’est respecté. Nous avons en laboratoire, le nouveau plan de circulation d’Abidjan. Sortir ce nouveau plan de circulation d’Abidjan n’a aucun sens aujourd’hui. Comme je viens de vous le dire, toute la circulation sera perturbée. On va continuer le travail pour affiner, mais nous on travaille en nous disant qu’il y a des carrefours. On a déjà l’échangeur, le troisième pont et d’autres structures de transport qui vont permettre de le faire. Avec tous ces atouts, comment faisons-nous pour assurer le transport au niveau d’Abidjan ? Pour nous, c’est très clair. Le gouvernement ne va pas se limiter au transport par car. Tout sera étudié. Lorsque le chemin de fer sera fait, le transport passager sera bien développé. Nos trains aujourd’hui font du 30 km/h. Personne n’est intéressé à voyager en train. Mais les trains que nous allons faire venir feront du 150 km/h. En moins d’une heure, vous êtes à Dimbokro. En deux heures ou trois, vous êtes à la frontière. Ça va donc intéresser tout le monde. Au niveau du transport à Abidjan, c’est pareil. Les rails que nous avons ne répondent pas aux conditions de transport. Si on veut faire le transport par train, on est obligé de les réhabiliter. Mais le problème qui se pose au gouvernement c’est que la réhabilitation de ses lignes coûte plus de 100 milliards de FCFA. Même si on répare à 150 milliards aujourd’hui, dans quelques années, on sera obligé d’y renoncer parce que le monde entier est passé au standard. C’est pourquoi le gouvernement va faire le minimum d’investissements dans le chemin de fer qui existe aujourd’hui, en construisant le nouveau chemin de fer qui va relier Abidjan à Niamey, compte tenu du fait que nos frères du Burkina Faso et du Niger sont décidés et veulent avec la Côte d’Ivoire, construire cette voie qui leur sera rentable. Toutes les conditions sont remplies. Les chefs d’Etat sont d’accord, les populations sont d’accord, les bailleurs de fonds le sont aussi. Le programme est lancé. Mais, ce sont les études qui vont nous prendre un peu de temps. Mais d’ici la fin du mandat, le Président inaugurera, Incha Allah, ses nouveaux trains au niveau de la Côte d’Ivoire.

Situation oblige, tolérance pour la circulation des gros poids

La circulation pour les gros camions. Elle n’est pas totalement respectée. Mais on est obligé à un certain moment donné de notre développement, de fermer un peu les yeux sur les règles du jeu. Sinon, si on veut qu’elles soient totalement respectées, cela va créer beaucoup plus de problèmes avec nos partenaires transporteurs. C’est pour cela même que si on a prévu des heures de circulation, on est souvent un peu tolérant. La preuve, ce matin, nous ne les avons pas appelés. Mais ils sont là ce matin pour nous soutenir! S’ils n’étaient pas d’accord avec nous, ils ne seraient pas là. Je profite de l’occasion pour leur dire qu’avec le Président Alassane Ouattara, ils peuvent dormir tranquilles. Les transporteurs seront heureux. Ils seront dans le train du bonheur du Président.
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