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Politique Publié le vendredi 10 août 2012 | Le Patriote

Attaques contre la Côte d’Ivoire : Pourquoi le gouvernement doit prendre ses responsabilités

© Le Patriote Par Aristide
Activités gouvernementales: un Conseil des ministres s`est réuni ce mercredi 16 mai 2012, au palais présidentiel
Mercredi 16 mai 2012. Abidjan. Palais présidentiel du Plateau. Un Conseil des ministres s`est réuni ce mercredi 16 mai 2012, au palais présidentiel, sous la présidence du chef de l`Etat, SEM Alassane Ouattara
La Côte d’Ivoire entière est encore sous le choc. Durant quatre jours, les Ivoiriens ont cru revivre le cauchemar de la crise postélectorale. Dans la nuit du samedi à dimanche, le commissariat de police du 17 ème Arrondissement a été attaqué par un commando d’une dizaine de personnes. Le bilan de l’attaque est lourd. Cinq soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire en poste dans ce commissariat ont été tués. Tous sommairement exécutés à bout portant par les assaillants. Le même jour, une tentative d’attaque du camp militaire d’Abengourou a échoué. A peine les Ivoiriens remis du traumatisme de ces boucheries, voilà que dans la nuit du dimanche à lundi une autre attaque vient troubler leur quiétude. Cette fois-ci, c’est le camp d’Akouédo, l’une des plus importantes bases militaires de l’armée ivoirienne, qui est attaquée. L’attaque fait six morts dans les rangs des FRCI. Au cours des échanges, un assaillant est abattu. Il a été identifié comme appartenant au Front de Libération du Grand Ouest du chef milicien Maho Glofiéi. Les ratissages dans les environs d’Akouédo village et de Bingerville, ont permis l’arrestation de plusieurs suspects. L’attaque, selon les premiers résultats de l’enquête, s’est faite avec des complicités internes. C’est ainsi que certains officiers et sous-officiers dans le cadre de l’enquête ont été mis aux arrêts pour nécessité d’enquête. D’autres comme l’adjudant Blé Hervé dit « Gédéon », le cerveau de l’attaque, sont en cavale. Quarante-huit heures après, une attaque est signalée à Agboville. Dans la nuit du mardi au mercredi, le corridor des FRCI à Erymakouguié est mitraillé pendant plus de deux heures par des inconnus armés jusqu’aux dents. Deux soldats sont blessés dans l’attaque dont un grièvement. Le mercredi après-midi, à l’issue d’un Conseil des ministres qui a duré plus six heures d’horloge, le gouvernement a décidé de relever de leurs fonctions tous les responsables militaires qui avaient à charge le commandement du nouveau camp d’Akouédo. Au cours de la conférence de presse qu’il a animée tout juste après le Conseil des ministres, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a été on ne peut plus clair sur l’état d’esprit du gouvernement. « Nous n’allons pas avoir d’états d’âme dans les jours, dans les semaines qui viennent à rétablir l’ordre définitivement en Côte d’Ivoire », a martelé le ministre Hamed Bakayoko en conclusion au cours de sa conférence. Après de tels propos emprunts de fermeté, les Ivoiriens se sont sentis rassurés. Mais demandent un peu plus de rigueur et de vigilance. Car, avec ces attaques, l’on constate que beaucoup de choses se trament dans le noir. Les événements qui ont eu lieu ces derniers jours n’ont surpris en réalité personne. Depuis un certain temps, des rumeurs faisaient état d’une série d’attaques contre la Côte d’Ivoire à l’approche de la fête de l’indépendance. Dans son dernier rapport paru dans le mois de juin, Human Rights Watch a mentionné que des choses pas trop catholiques se préparaient au Liberia voisin. Dans les milieux proches du camp Gbagbo, des rumeurs d’attaques circulaient depuis le mois de juin. Un message audio dit « prophétique » que se faisaient passer les inconditionnels de l’ancien chef de l’Etat, exhorte les Ivoiriens à se préparer à livrer une « guerre de libération » qui va durer 77 jours. A savoir à partir du 7 août jusqu’au 30 octobre. Ce message appelle clairement la population à se soulever contre le pouvoir du président Alassane Ouattara. Des indiscrétions vont même jusqu’à dire qu’à la veille de l’attaque des sous-officiers et officiers des FRCI ont demandé à leurs proches de ne pas tarder dehors. Parce que des attaques sont prévues. Aujourd’hui, ce qui s’est passé interpelle au plus haut point le gouvernement. Car ce que les Ivoiriens prenaient pour de folles rumeurs est en train de, malheureusement, se transformer en une réalité macabre. La guérilla urbaine que redoute le Pr. Mamadou Koulibaly, l’ancien président de l’Assemblée nationale, est en train de prendre forme au nez et à la barbe des autorités. Le chef de l’Etat qui est, il faut le rappeler, le ministre de la Défense et ses collaborateurs sont de plus en plus en face d’une réalité pour le moins claire : des personnes malintentionnées, soutenues par des complicités plus ou moins ouvertes, s’activent pour déstabiliser le régime actuel. Autant dire pour provoquer une nouvelle guerre qu’ils espèrent remporter, plongeant ainsi les Ivoiriens dans les souffrances que la crise postélectorale leur a infligée. Le moment est venu pour que le gouvernement sorte de ce que bon nombre de nos compatriotes assimilent à de la mollesse, a du sentimentalisme de mauvais alois vis-à-vis de ceux qui s’adonnent à ces actes de sédition répétés et dont tout le monde voit les mains, quoique obscures. Il faut désormais prendre au sérieux toutes les velléités d’attaques d’où qu’elles viennent pour ne plus être surpris par des actes désespérés de certains nostalgiques de l’ordre ancien. C’est pourquoi, il faut aller au-delà des ratissages et des perquisitions auxquels les Ivoiriens assistent en ce moment. Car le ver est vraiment dans le fruit. Jean-Claude Coulibaly

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