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Politique Publié le vendredi 10 août 2012 | L’intelligent d’Abidjan

Editorial/Et pourtant nul n’a le droit d’assassiner la réconciliation nationale

Imaginons un seul instant que les assaillants d’Akouédo aient fait plus de dégâts, que ceux de Yopougon aient tué davantage. Alors qu’ils prétendaient agir pour aider Laurent Gbagbo en obligeant le président Alassane Ouattara à discuter avec eux sous la pression de la communauté internationale (un rêve de rébellion à la 18-19 septembre 2002), ces assaillant savent-ils que cette action aurait pu créer un effet boomerang, comme celui qui avait conduit à l’assassinat de Robert Guéi en 2002 et à l’attaque des résidences d’Alassane Ouattara et d’Henri Konan Bédié par des FDS au service du pouvoir légal d’alors. Si ceux qui ont perpétré les attaques contre les Frci aiment Laurent Gbagbo, comment ont-il pu prendre le risque de mettre en danger les cadres du Fpi en liberté en Côte d’Ivoire, en exil, et tous ceux qui sont en prison ? Voyant bien le danger et les conséquences pouvant résulter de l’implication réelle et effective des pro-Gbagbo dans l’attaque d’Akouédo, le confrère le Nouveau Courrier s’est interrogé : Et si c’était un complot pour alourdir le dossier Gbagbo et enfoncer l’ex-président à la CPI ? ». Cela signifie que si les accusations du gouvernement ivoirien sont fondées, ce n’est pas à l’avantage du sort de Laurent Gbagbo, même s’il est possible de compter sur la vigilance des juges de la CPI pour éviter l’amalgame. Toutefois, pour des pro-Gbagbo qui n’ont jamais voulu croire en l’indépendance de la CPI, cette perspective reluisante ne peut être l’ordre du jour. Les faits soulevés plus haut invitent à interpeller les exilés pro-Gbagbo et le Fpi sur leurs responsabilités. Tous les militants du Fpi ne sont pas pro-Gbagbo. Tous les pro-Gbagbo ne sont pas FPI. Il peut se trouver des militants du Fpi pas d’accord avec la politique menée par l’ex-président, ni en phase avec les orientations pro-Gbagbo du parti. Même si ce groupe de militants est très minoritaire et est souvent invité à aller se faire voir ailleurs (Lider en exemple), cela peut bien exister.

Pro-Gbagbo mais pas FPI

Tout comme il existe des pro-Gbagbo qui ne sont pas militants du Fpi. On se souvient des cas Blé Goudé, Ben Soumahoro, Fologo, Gervais Coulibaly et bien d’autres qui ont adhéré à la politique et à la personne de Laurent Gbagbo, mais qui n’ont jamais revendiqué la qualité de militants du Fpi, dont ils n’ont jamais payé la carte. C’est bien cela qui a donné lieu à la création du CNRD et ensuite de la LMP. La crise post-électorale est depuis lors passée par là et a accentué les divergences. Les alertes au coup d’Etat, les menaces de déstabilisation doivent être l’occasion pour les exilés pro-Gbagbo de clarifier les stratégies, d’harmoniser les positions, de prendre leurs distances avec le messianisme, le malachisme et le prophétisme de certains d’entre eux. Les militaires qui rêvent de revanche, qui ont du mal à admettre la rébellion de 2002 et la victoire de ses animateurs et alliés ; ces ex-FDS en exil ou à Abidjan, qui ne peuvent pas accepter la défaite militaire, à cause de la guerre, et qui rêvent de match retour, peuvent-ils continuer de dicter leurs stratégies à tous les autres, tenus dans l’ignorance de bien des choses, mais victimes collatérales, volontaires ou involontaires des conséquences. A plusieurs reprises, des personnes de bonne volonté ont plaidé la cause du Fpi, des pro-Gbagbo et de la réconciliation auprès des autorités ivoiriennes pour le dégel des comptes, le retour des exilés et la libération des acteurs politiques en prison. Mais elles ont buté sur des certitudes de ce genre : ‘’ Ces gens-là n’ont pas renoncé. Ils veulent encore se battre. Nous n’allons pas leur offrir tout ce qu’ils exigent alors qu’ils ont encore des plans de guerre ». Aujourd’hui, les plus modérés du camp Rhdp sont affaiblis et désarmés face à ce qui vient de se passer. Pourtant il ne faut pas abandonner la pression. Et oui, il ne faut pas laisser les radicaux et les extrémistes du pouvoir prendre définitivement et durablement l’avantage. Il le faut pour éviter d’assassiner et d’arrêter la réconciliation. Au lieu de la stopper, les tentatives de déstabilisation ne font justement que rappeler l’urgence et l’impératif de la réconciliation et de l’apaisement. En disant que les assaillants ambitionnaient de tenir des positions militaires pour contraindre le président Alassane Ouattara à la discussion, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, laisse penser en même temps qu’il s’agit d’action de désespérés et d’actions de derniers recours de gens qui ont été convaincus de ce que la voie pacifique, la voie du dialogue républicain restait sans issue. Devant une telle situation, chacun doit se souvenir, que c’est en toute liberté, sans pression aucune, mais plutôt dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire que le président Alassane Ouattara et le Gouvernement ont fait le choix de la réconciliation nationale, dès le 11 avril 2011. Certes, les choses semblent aller lentement, certes les soupçons de justice sélective existent, certes le manque de confiance est réel, certes il y a eu Akouédo, Yopougon, Duékoué, Taï, depuis la crise post-électorale, mais personne, aussi bien du côté des pro-Gbagbo, du Fpi, des pro-Ouattara que du Gouvernement n’a le droit d’assassiner la réconciliation. Les attaques lâches et condamnables, ces tueries contre les Frci et bien d’autres tragédies sont justement la preuve de ce que le dialogue républicain et la réconciliation nationale doivent plus que jamais se poursuivre. Pour une Côte d’Ivoire apaisée et rassemblée. Sur ce plan, Fpi, Rdr, Pdci pro-ceci, pro-cela, doivent menez le même combat, et peuvent avoir la même vision. Pour une fois !
Charles Kouassi

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