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Économie Publié le lundi 26 novembre 2012 | Nord-Sud

Amélioration des conditions de vie des chauffeurs : Les patrons refusent de signer la convention collective

Comme les autres corporations, les chauffeurs souhaitent que la convention collective régissant leur secteur soit effective. Mais, pour le moment, il s’agit d’un vœu qui est loin de préoccuper les autres acteurs.

«La présente convention collective annexe a pour objet de réglementer les relations professionnelles entre les propriétaires et les chauffeurs routiers de personnes ou de marchandises ainsi que les conditions de travail et de rémunération». Tel est libellé l’article premier de la convention collective annexe des professionnels de transport de Côte d’Ivoire. Selon le président de l’Union des fédérations de syndicats de chauffeurs de taxis de Cocody (Ufesco), Raymond Soumahoro, c’est en 2009 que les acteurs soucieux d’améliorer les conditions de vie des conducteurs ont engagé le processus devant aboutir à la mise en œuvre d’un texte spécifique à cette corporation et auquel sont assujettis tous les employeurs et salariés. Ainsi, assure Raymond Soumahoro, 6 syndicats de transporteurs, dont le Syndicat national des transporteurs de marchandises et voyageurs de Côte d’Ivoire (Sntmvci) et la Coordination nationale des gares routières (Cngr) ont pris part à son élaboration. Concernant les conducteurs, ce sont une quinzaine d’organisations représentatives qui y ont participé. Il s’agit, entre autres, du Syndicat national des chauffeurs des transports terrestres de Côte d’Ivoire (Synactt-ci), de la Fédération nationale des syndicats de chauffeurs de Côte d’Ivoire (Fensc-ci). Ce texte en son article 3 fixe les conditions pour être chauffeur professionnel. En clair, il s’agit de toute personne exerçant le métier de chauffeur à titre principal, possédant le permis de conduire B C ou BCDE et titulaire du Certificat de capacité professionnelle dont les conditions d’attribution sont fixées par arrêté. S’agissant de la rémunération, l’article 16 fixe le salaire minimum conventionnel mensuel à 64.714 FCFA pour la catégorie A qui concerne le conducteur de voiture de tourisme, de petit tracteur ou de véhicule pesant moins de 3 tonnes. Pour le chauffeur de la catégorie B, celui du véhicule de poids lourds de 3 à 5 tonnes de charge utile, le salaire est de 68.037 FCFA. L’employé de la catégorie C, c’est-à-dire celui conduisant un véhicule poids lourds dépassant 5 T de charge utile ou tracteur attelé à remorque semi-portée, par mois, il perçoit 70.511 francs alors que le chauffeur de véhicule de transport en commun gagne 71.028 FCFA. A ces avantages, il faut ajouter les obligations du patron vis-à-vis du conducteur. A savoir la déclaration à l’institution de prévoyance sociale, une assistance en cas d’accident de travail, etc. Selon le président de l’Ufesco, la lenteur du dossier est due à la mauvaise foi des transporteurs qui refusent d’entrer dans la légalité. «Certains patrons ne paient pas les chauffeurs sous prétexte qu’ils sont leurs neveux ou cousins. La loi met fin à cette situation et valorise ce noble métier qu’est la conduite», clame Raymond Soumahoro. C’est pourquoi, il exhorte le nouveau gouvernement à prendre toutes les dispositions pour améliorer les conditions de vie des chauffeurs en contribuant à l’adoption de cette loi. Deux membres du Haut patronat des transports qui ont requis l’anonymat reconnaissent l’intérêt de ce texte. «Les transporteurs ne refusent pas de le signer. Nous disons que tout cela s’intègre dans l’organisation globale de notre secteur d’activité». Ils soulignent que vu la pratique du transport aujourd’hui, il est difficile de réaliser des bénéfices importants et de prendre des engagements pour le bien-être social des chauffeurs. «L’Etat doit construire des gares modernes, mettre fin au racket et surtout mettre fin à la concurrence déloyale dans notre filière. Après, on peut demander une contrepartie aux patrons», ont-ils répété en chœur. Pour ces transporteurs, le ministère doit donc prendre le dossier en main. C’est dire qu’après la reconduction du ministre Gaoussou Touré à la tête de ce département, les chauffeurs attendent de lui qu’il contribue à l’édiction de leur convention.

Ahua K

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