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Société Publié le lundi 6 mai 2013 | Le Patriote

Edito : La leçon de l’Ouest

Un chemin malheureusement trop longtemps resté obstrué par plusieurs années d’abandon, de désocialisation, mais peut-être surtout d’instrumentalisation à des fins politiciennes de ses fils et filles. Sur ce dernier point demeure encore gravé dans les esprits, le véritable martyre vécu par les populations du grand-ouest au cours de la crise post-présidentielle. Un martyre né de fausses certitudes inoculées tel du venin vipérin à ce vaillant peuple par certains de ses propres fils et qui présentaient un homme, Alassane Ouattara, comme l’ennemi juré de cette partie de la Côte d’Ivoire et dont l’accession au pouvoir transformera son quotidien en enfer. Et, bien évidemment, Laurent Gbagbo comme le providentiel et précieux dépositaire de son espace vital. C’est tout le sens de la rage quasi aveugle, aux allures d’instinct de conservation, dont une bonne partie de ce peuple a cru devoir faire preuve dans sa volonté de résister à l’avènement d’un nouvel ordre politique incarné par l’actuel chef de l’Etat.

Même si, au fond, et c’est peut-être là tout le charme des paradoxes en politique, pendant la décennie passée au affaires, les refondateurs n’ont refondé que de nom cet espace géographique de notre pays. Aucune école, collège ni lycée, aucun dispensaire ni maternité, aucune route, pas même une pompe villageoise n’est sorti de terre. La seule promesse qu’en son temps, le chef de file de socialistes à l’ivoirienne avait pu faire – et qu’il tenait paraît-il à réaliser coute que coute –, c’était la construction d’une… école de guerre ! Mieux, parlant d’un de ces valeureux peuples du Grand-ouest, Toulépleu en l’occurrence, dont il recevait les ressortissants, l’historien Gbagbo était allé jusqu'à arguer devant des hôtes médusés, que ces derniers ne devaient se considérer Ivoiriens que grâce à l’erreur d’un cartographe occidental, qui les aurait intégrés par inadvertance à l’intérieur des limites géographiques de la Côte d’Ivoire.

En clair, les braves populations du Grand-ouest, pendant au moins la dernière décennie, auront donc souffert de trois choses: l’oubli, le mépris et la manipulation. Non seulement, ils n’auront bénéficié de la part de leur « frères » au pouvoir, du moindre égard en termes de développement socioéconomique, mais auront bu jusqu’à la lie le calice saumâtre et pour le moins méprisant d’une politisation à outrance – bien souvent aux visées électoralistes – de ceux qui ne les voyaient à terme que comme du bétail électoral.

La très grande mobilisation et l’extraordinaire liesse populaire qui ont caractérisé le séjour d’Alassane Ouattara à l’Ouest, ne découlent du coup que d’une logique presqu’enfantine. C’est comme si ce peuple voulait passer ce message à tout ceux qui ont des yeux pour voir : « j’ai tout donné – mon corps et mon âme – à quelqu’un, il ne m’a retourné que misère et dédain, je n’ai rien donné (ni même demandé) à son voisin qu’on me brandissait comme le diable, il ne cesse de me donner sans compter ; si le diable, c’est celui qui donne tant, je ne peux qu’aimer le diable».

A Man, Biankouma, Zouan-Hounien et Danané, Alassane Ouattara est de toute évidence apparu aux populations comme ce diable si beau, si généreux, si solidaire de la souffrance de ses semblables, de ses concitoyens, si préoccupé par leur bien-être, qu’il en prend des allures d’Ange. Or, en quelques vingt mois de présence au pouvoir, seuls les habitants de cette grande partie de notre pays savent ce qui a été fait pour eux par le détenteur de ce pouvoir. Adduction en eau potable, travaux de réhabilitation et d’extension de réseaux électriques et téléphoniques, équipement des centres hospitaliers hôpitaux et des dispensaires, travaux de bitumages de plusieurs axes routiers, ouverture de plusieurs commissariats, octroi d’innombrables camions-bennes, de tracteurs, etc. Tout y est passé. Le chef de l’Etat s’est même donné pour objectif de faire du Tonkpi un grand pôle de développement régional, à travers les nombreux sites miniers – sur lesquels il s’est personnellement rendu – et la revalorisation du secteur agricole.

A la vérité, les populations du Tonpki ne savent que trop aujourd’hui, qu’une chose est de parler, une autre d’agir. C’est pourquoi, ils se sont sans doute bien marré devant ceux qui ont prétendu que le chef de l’Etat était en campagne dans cette région. La question étant de savoir si un chef d’Etat si travailleur, dont les actions impactent si étroitement la vie des populations avait vraiment besoin de faire campagne. De ce point de vue, la leçon du Tonpki est bien parlante

PAR emmanuel Koré
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