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Art et Culture Publié le mardi 7 mai 2013 | Le Patriote

Le bossonisme, une affaire de vocation

Mais ne devient pas kômian qui veut. Il s’agit d’un véritable appel des génies. «Ce sont les génies qui choisissent les futurs kômians. Ce choix se manifeste par des troubles chez la personne sans qu’aucune thérapie ne puisse la guérir», confie Yéo Douley. L’exemple du vieux Kolia Bénié de Kagandi est illustrateur. Parti visiter ses champs, l’homme, alors maître de choeur dans son église, fait des rencontres insolites qui le conduisent dans un monde parallèle. Il y demeure pendant 7 ans et est donné pour mort par les villageois. A sa réapparition, il est doté de pouvoirs surnaturels et obéit aux ordres de ses génies. C’est ce qui explique que lui-même encore moins son maître Adiaffi ne soient pas des kômians. S’ils ne sont pas des initiés, ils restent néanmoins très proches des prêtres traditionnels qu’ils vénèrent. « Yoboué tibia, le rocher sacré d’Aniassué est l’habitat d’un génie où sont consacrés les néophytes» ajoute encore Douley. Après trois années passées dans le sanctuaire, le néophyte, après plusieurs épreuves, est déclaré kômian. Sa sortie est fêtée en grandes pompes par les siens.« Les adeptes des religions révélées, notamment les prêtres accusent les kômians d’être des sorciers le jour, mais ils les consultent la nuit pour résoudre certains de leurs problèmes ou pour être puissants. Il en est de même pour les politiques et les cadres » révèle Douley. Toute chose qui est confirmée par des kômians rencontrés. Mais, l’influence des religions révélées et plus particulièrement le christianisme occupe de plus en plus de place dans le coeur des populations. Toute chose qui met vite au rebus des pratiques traditionnelles comme le bossonisme. Aussi, la diabolisation dont le bossonisme et tous les cultes africains ont été l’objet depuis les colonisations, fait-elle que les kômians sont mal vus par le commun des mortels. On va les consulter en catimini. C’est dire si la pratique a un avenir. Le rythme des sorties de nouveaux prêtres et le caractère général du bossonisme restent un gage de la survie de cette religion traditionnelle. En effet, le bossonisme est présent chez presque tous les peuples akan et la plupart des peuples lagunaires ont leurs kômians avec des particularités parfois. Mais partout, les objets cultuels restent les mêmes. L’?uf, le kaolin, le poulet, le mouton, la boisson sont présents dans toutes les cérémonies. C’est pourquoi, de nombreux observateurs pensent que les kômians peuvent jouer un rôle dans la réconciliation nationale. Tout comme, ils peuvent faire de bons auxiliaires pour la médecine moderne. Comme le dit Adiaffi : “Tant qu’il y aura un seul fromager, un seul tapeur qui se souvienne du rythme, les génies répondront toujours à l’appel ».

Armand Déa, correspondant

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