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Art et Culture Publié le mercredi 19 juin 2013 | L’Inter

Patrimoine mondial de l’Unesco depuis deux ans/Le directeur Tizié plaide pour le Musée du costume de Grand-Bassam : «Le budget est insuffisant, l`entretien coûteux»

© L’Inter Par DR
Entreprise : 1ère journée des 21 Yello Care Days de MTN
La 1ère journée des 21 Yello Care Days de MTN a débuté par la visite effectuée par les MTN`ers au musée du costume de Bassam.
« Nous saluons l`action de MTN-CI »

Créé en 1981, le musée national du costume de Grand-Bassam est classé patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2011. Malgré ce nouveau statut, cette institution culturelle nationale est menacée dans son existence. En marge du lancement des 21 jours d’actions citoyennes de MTN-CI dans les locaux de ce musée auquel il est consacré un projet dans ce cadre, L`inter a rencontré M. Tizié Bi Koffi, le directeur du Musée, qui tire la sonnette d`alarme et se réjouit de l`initiative de la compagnie de téléphonie.

M. le directeur, pourquoi un musée national du costume à Grand-Bassam ?

Le musée national du costume de Grand-Bassam est un établissement public créé en 1981à l’initiative d’une icône de la culture en Côte d’Ivoire, Bernard Dadié. Il s’agissait d’un musée vestimentaire, mais finalement, c’est devenu le musée du costume, avec pour rôle de préserver l’identité culturelle de la Côte d’Ivoire à partir du patrimoine vestimentaire du pays. En effet, le costume, dans bien des cultures de notre pays, a un langage ; il est un support de culture des peuples et véhicule donc tout un patrimoine traditionnel. C’est pourquoi l’on ne doit pas percevoir le musée comme un simple conservatoire de pièces obsolètes ; c’est le lieu d’un contact vivant avec l’histoire et le patrimoine culturel des peuples ivoiriens, en dehors des livres. Encore que ceux-ci ne retranscrivent pas tout sur nos civilisations. En tout cas, ceux qui viennent ici tombent des nues lorsqu’ils sont enseignés sur le millier de collections issues des différentes aires culturelles du pays que ce musée abrite. Je crois que cela se comprend de plus en plus, au point où certains week-ends, nous recevons jusqu’à 800 visiteurs, essentiellement des élèves qui viennent coïncider la théorie apprise à travers les cours, avec la réalité. Que les Ivoiriens viennent donc, et surtout laissent leurs enfants venir s’imprégner de leur patrimoine, leur histoire, leur identité des hommes de culture et mûrs pour l’avenir de notre pays.

Voici deux ans que ce site a été classé patrimoine mondial de l’Unesco, qu’est-ce qui a changé depuis lors, avec ce statut?

Il faut le dire tout net, nous avons gagné en prestige. Le fait d’être distingué de la sorte vous met déjà en lumière au niveau international voire mondial. Et c’est un gain aussi pour le pays dont nous constituons ainsi un repère. Le musée aussi gagne en public : l’inscription de la ville fait que notre site est connu mondialement et nous recevons des visiteurs de partout et des appels pour visiter (des Asiatiques, des Européens, des Américains, etc.)

Déjà en milieu d’année, nous sommes à plus de 7000 visiteurs. Ce n’est pas que nous recevions une cagnotte, mais nous gagnons en visibilité, en promotion. Nous n’avions pas les moyens pour cela avant le classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Un exemple concret de gain du fait de ce nouveau statut, l’initiative de MTN-CI qui vient, dans le cadre de ses 21 jours d’actions citoyennes, construire un préau pédagogique de près de 250 places équipé d’appareils multimédia de dernière génération (écran plasma, équipement audio) sur le site du musée, et le doter d’un site internet. Cette entreprise citoyenne qui a dû se dire que ce site est désormais un patrimoine mondial mais n’est pas encore assez attrayant, a décidé de donner un nouveau visage au musée national du costume pour qu’il se valorise comme il se doit. Cette initiative est d’un apport inouï pour la promotion de ce site, aussi bien en termes d’attrait que de qualité de l’accueil. Un musée ne doit pas seulement être un lieu de collection, il faut que ça attire, que ça donne envie d’être visité, que le visiteur y soit bien accueilli. C’est ainsi en Europe et c’est ce qui fait que leurs musées sont très visités. Nous pourrons alors désormais recevoir les visiteurs par vagues et dans un minimum de confort, ce qui est de nature à booster les visites. Aussi, par notre connexion à internet, cette compagnie de téléphonie nous donne les moyens pour communiquer aisément avec l’extérieur, et donc de promouvoir ce site culturel national. Les portes du monde nous sont ainsi gratuitement ouvertes.

Doit-on affirmer que tout va bien pour ce patrimoine national ?

Loin s’en faut. Nous avons beaucoup de besoins. En tant qu’établissement public, nous recevons de l’Etat une subvention annuelle, un budget que je me garderai de révéler, mais cela reste insuffisant. Même si nous n’ignorons pas les nombreuses charges de l’Etat, nous attendons plus. Les bâtiments qui datent de 1893 et qui servaient de palais au Gouverneur Binger, sont en ruine. Idem pour les installations électriques, d’eau et autres, qui ont tous besoin d’être rénovés. Mais le plus inquiétant est le problème de conservation des collections. Celles-ci sont en effet exposées aux agressions naturelles, notamment au sel marin particulièrement intense sur le site du fait de la proximité de la mer. Il nous faut des thermomètres, des déshumidificateurs et beaucoup d’autres matériels assez coûteux pour empêcher la dégradation des collections et sauver ce trésor national. Les 12 agents techniques, 3 vigiles et 1technicien de surface que nous sommes, faisons tout notre possible, avec les moyens dont nous disposons, mais cela reste insuffisant. L’apport de partenaires et de bonnes volontés est donc très attendu. C’est en cela que je salue une fois de plus le projet ‘’Musée du costume de Grand-Bassam’’ de MTN-CI, qui vient donner un coup de main à l’Etat. Et un tant soit peu nous enlever l’épine du pied en répondant à un besoin pressant que nous avions, avec le don de ce préau pédagogique. Nous souhaitons d’autres initiatives de ce genre.

Propos recueillis par Apollinaire K. KOUAME

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