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Art et Culture Publié le lundi 4 novembre 2013 | Le Patriote

Interview / Koné Dodo (Directeur d’Abidjan Festival) : “Nous allons faire quelque chose de formidable

© Le Patriote Par Mike
Culture: Cérémonie de lancement de la 2e édition d`Abidjan Festival
Vendredi 11 octobre 2013. Abidjan-Hôtel du district du Plateau. M. Koné Dodo, directeur du palais de la culture de Treichville a procédé au lancement officiel de la 2e édition du festival des musiques du monde d`Abidjan, "Abidjan Festival", qui se tiendra du 7 au 9 novembre 2013 au palais de la culture Bernard B Dadié de Treichville à Abidjan.
La 2ème édition d’Abidjan Festival se tiendra les 7, 8 et 9 Novembre prochains à Abidjan, précisément au Palais de la culture d’Abidjan-Treichville. A soixante-douze heures de cet événement, son directeur, M. Koné Dodo, dévoile, dans cet entretien, ses grandes articulations. Aussi explique t-il les innovations qui ont été apportées à ce festival.
Le Patriote : Hier Abidjan World Music Festival, aujourd’hui Abidjan Festival, Festival des Musiques du monde. Pourquoi ce changement de dénomination ?
Koné Dodo : Non, le festival ne change pas de dénomination. Abidjan World Music Festival, c’est le festival des musiques du monde d’Abidjan. Donc, on a juste décidé de passer de l’appellation en anglais à celle en français, parce que nous sommes un pays francophone. Ce qui est plus compréhensible. Pour ce qui concerne Abidjan Festival, vous savez, il faut un peu de marketing. D’abord, ça fait la promotion de la ville d’Abidjan. Ensuite, c’est facile à retenir. Je pense que l’appellation Abidjan Festival suffit. Ce qu’on peut retenir facilement, c’est Abidjan Festival. Festival des musiques du monde d’Abidjan en-dessous, c’est le sous-titre, pour qu’on sache de quoi il s’agit exactement. En plus, ce n’est pas un festival spécialisé car il est ouvert à toutes les musiques.

LP : Autre nouveauté, de mai le festival se tiendra désormais en novembre chaque année. Qu’est-ce qui explique cela ?
KD : La raison est simple. En mai, il y a beaucoup de pluie. Ce qui contrarie l’organisation d’un festival comme le nôtre qui propose des spectacles en plein air. C’est pourquoi, nous avons décidé de le décaler en novembre, même si rien ne nous garantit qu’il n’y aura plus de pluie à cette période, compte tenu du changement du climat ces temps-ci. Mais, on a pensé qu’il était plus judicieux de le mettre en novembre pour éviter la saison pluvieuse. Désormais, ça se fera toujours en novembre. Voilà grosso modo les raisons qui nous ont amenés à passer de mai en novembre dans l’intérêt du public et de l’ensemble des festivaliers.

LP : Si le festival reste fidèle à ces trois grandes articulations à savoir Génération Avenir, Poro Music Awards, et le Concert de clôture, on constate toutefois que la formule de Génération Avenir a changé. Cette année, il n’y a pas de manches éliminatoires. Pourquoi ce choix ?
KD : En fait, cela n’a pas, en réalité, changé. L’année dernière nous avons fait trois manches éliminatoires pour retenir quatre à la finale. Cette année, on a voulu prendre du recul pour mieux appréhender les choses. Nous avons décidé de faire l’audition de tous les candidats en une journée, pour n’en retenir que quatre pour la finale. L’audition a été faite par de vrais connaisseurs. J’avoue que le niveau est très bon en comparaison à la première édition. Vous le constaterez d’ailleurs à la finale. Et puis à l’avenir on se donnera les moyens de faire une présélection non seulement au niveau d’Abidjan mais également à l’intérieur du pays. Mais pour cela, il faut un peu plus de moyens que nous sommes en train de rechercher. Dès qu’on aura tout ça, avec nos partenaires financiers, nous ferons en sorte que la compétition s’ouvre à toute la Côte d’Ivoire. Génération Avenir, vous savez, c’est quelque chose d’important pour nous. C’est peut-être même l’articulation la plus importante du festival. Parce que nous pensons que révéler des talents, c’est primordial. Cette démarche s’inscrit dans la droite ligne de la politique du ministère de la Culture et de la Francophonie qui aide beaucoup d’artistes. Et quand nous révélons ces artistes-là, nous les aidons. Nous leur permettons de réaliser un single, nous les assistons et les aidons à prendre leur envol … artistiquement parlant et une radio partenaire de l’événement, offrira encore un prix spécial, une promotion d’une valeur de 10 millions CFA du single qui aura été produit, sur ses antennes. Le jury de la finale sera un très bon jury trié sur le volet.

LP : A l’instar de Génération Avenir, la soirée des Poro Music Awards et le Concert de clôture auront lieu sur l’esplanade lagunaire alors que l’espace l’Oiseau-livres semble être l’endroit l’idéal pour les concerts grand public…
KD : Vous savez, nous sommes modestes. Nous ne voulons pas avoir d’ambitions démesurées. Avec 10.000 spectateurs, vous avez l’impression qu’il n’y a personne à l’espace l’Oiseau-livres, tellement il est vaste. Pour chacune des trois soirées du festival, nous avons 3000 places. Ce ne serait donc pas judicieux d’aller sur un espace plus vaste. L’autre raison qui pousse à rester sur l’esplanade lagunaire, est que nous voulons faire un show de qualité. Il ne s’agira pas de drainer une foule immense. Notre idée, c’est de faire en sorte que les gens puissent venir tranquillement à ces trois spectacles en toute sécurité assister à des concerts de qualité et repartir satisfaits. Nous voulons organiser trois événements de qualité avec des artistes de talent. Il ne s’agit pas d’ameuter toute la ville pour que les gens viennent s’échauffer et se taper dessus. Et l’espace Lagunaire s’y prête tout à fait. Et vous allez voir, nous allons essayer de faire quelque chose de formidable.

LP : Sékouba Bambino sera la vedette du concert de clôture. Déjà l’an dernier, Salif Kéïta était là. Pourquoi encore une nuit mandingue cette année ?
KD : J’estime que les artistes mandingues n’ont pas assez de cadre d’expression en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, j’envisage d’ici un an à l’ouverture du Palais de la culture, d’instaurer un festival mandingue. Il y a le festival du coupé décalé, celui du zouglou, mais pas encore de festival de la musique mandingue. Quand on fait une soirée mandingue, vous ne pouvez pas imaginer le nombre de personnalités qui cherchent à venir. L’année dernière, il y avait pas moins de quatre ministres dans la salle. C’est-à-dire qu’il y a un public. Cela dit, à cette soirée de clôture, il n’y aura pas que du mandingue. Il y aura également à l’affiche d’autres artistes dont Serge Beynaud. On avait pensé au Ghana cette année, mais malheureusement, les discussions avec les artistes n’ont pas abouti. Or pour la soirée de clôture, nous visons une cible moins jeune. Et nous devons trouver vraiment les artistes qu’il faut pour cette cible-là. C’est cela le problème. Cela dit, cette année, nous avons eu la chance d’avoir Sékouba Bambino et on fait avec. Pour les autres soirées, on a choisi des artistes qui peuvent attirer les jeunes. Génération Avenir, c’est une affaire de jeunes. Les Poro Awards, c’est plus prestigieux, la cible est éclectique. On aura Lady Ponce qui peut intéresser autant les jeunes que les adultes. Les Patrons, qui font du zouglou haut de gamme, se produiront en live. Mais il n’y a pas que ceux-là. Quand vous regardez la programmation, elle est de qualité. Ce que nous voulons, c’est de présenter aussi des artistes que vous ne connaissez peut-être pas mais quand vous sortez du spectacle, vous vous dites vraiment qu’ils étaient bons. Il s’agit de quête constante de qualité, pas nécessairement liée à la notoriété.

LP : On note aussi que pour les Poro Music Awards, il y a deux nouvelles distinctions, à savoir le Poro Award d’honneur et le Poro Award de la meilleure vente selon sur les chiffres du Burida. Tiendrez-vous compte des chiffres de quelle année ?
KD : Il s’agit des ventes de l’année 2012. On pense que cela est important. C’est un indicateur très significatif. Il ne s’agit pas d’une question de quantité extraordinaire. Si le meilleur vend 5000 CD, c’est à saluer même si ce n’est pas très important. Il mérite respect eu égard à la piraterie ambiante. Certes, il y a la piraterie, mais le ministère de la Culture et de la Francophonie continue de faire des efforts appréciables pour améliorer la vente des œuvres artistiques. Des kiosques pilotes sont entrain d’être mis en place pour réamorcer la distribution légale. Les choses sont bien avancées. On a bon espoir que la distribution d’?uvres musicales va renaître en Côte d’Ivoire et que les artistes et les producteurs auront moins de problèmes. Ce prix est donc un révélateur des meilleures ventes.

LP : Et les Poro Awards d’honneur, les lauréats sont-ils déjà connus ?
KD : Vous le saurez le 8 novembre.

LP : Au chapitre des rencontres professionnelles, on constate qu’il y aura un atelier sur le montage des projets culturels et la gestion d’une carrière artistique mais il manque des réflexions sur la piraterie qui reste quand même une gangrène pour l’industrie musicale. Pourquoi cet « oubli »?
KD : Ce n’est pas un oubli. Certes la piraterie est une préoccupation majeure, pour l’industrie musicale, mais nous avons choisi cette année de nous focaliser sur les droits d’auteur. Il est important que les acteurs culturels aient une bonne connaissance des droits d’auteur. Les choses évoluent si vite. On ne peut pas traiter tous les thèmes chaque année. Vous avez suggéré une bonne idée. La piraterie, tout le monde en parle, mais personne ne trouve de solution. Nous sommes en train d’y réfléchir très sérieusement. Et lorsque nous organiserons une conférence sur la piraterie, nous proposerons des solutions concrètes contre ce fléau. Sinon, si c’est pour dire que 95 % des CD en Côte d’Ivoire sont piratés, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. On veut qu’il y ait quelque chose de nouveau sous le soleil. C’est pour cela qu’on ne se précipite pas pour traiter ce thème. En revanche, chez nous, les acteurs culturels ne savent pas monter les dossiers de projets culturels. Aussi, avons-nous très peu de financement des organismes internationaux. Une fois le montage mieux maîtrisé, les choses iront beaucoup mieux. Donc, pour nous, il est important que nos opérateurs culturels soient mieux formés à cela et qu’ils sachent mieux monter leurs dossiers pour les présenter aux financements. On donnera également aux participants les rudiments pour la gestion d’une carrière artistique, car beaucoup d’artistes sont laissés pour compte.

Réalisée par Y. Sangaré
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