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La FIFA veut auditer la FIF, les dirigeants ivoiriens prennent position

Publié le samedi 12 mai 2018  |  LInfodrome
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© Autre presse par DR
Me Raux-Yao Athanase (en blanc) a fait le point de presse en compagnie du directeur exécutif de la FIF, Jean Baptiste Sam Etiassé


Me Raux-Yao Athanase (commission juridique FIF) : « Nous disons qu’il y a quelque chose qui ne va pas » , « Nous n’avons pas peur des audits, mais nous voulons que les choses se fassent dans un cadre légal »

Me Raux-Yao Athanase, membre du comité exécutif de la Fédération ivoirienne de football (Fif) et président de la commission juridique de l’instance fédérale a animé, le vendredi 11 mai 2018, un point de presse, à la salle de réunion de la Ligue professionnelle, pour se prononcer sur l’audit judiciaire que veut faire la FIFA de la Fif.

Si tout se passe comme prévu, un cabinet d’audit va débarquer, sur instruction de la FIFA, à la Fédération ivoirienne de football (FIF) pour l’auditer. Même si les dirigeants de l’instance fédérale du football ivoirien ne sont pas contre le principe, le terme « audit judiciaire » qui renvoie à la justice les dérange. En outre, ils veulent savoir la nature et le fondement dudit audit.

C’est pour éclairer la lanterne de l’opinion nationale et internationale que Me Raux-Yao Athanase, membre du comité exécutif de la FIF et président de la commission juridique de l’instance fédérale a organisé, le vendredi 11 mai 2018, un point de presse à la salle de réunion de la Ligue professionnelle. Face aux confrères, il a fait la chronologie des faits.

Chronologie des faits

« Pour une meilleure intelligence de mes propos, il est bon que je retrace un peu la chronologie des faits, la genèse des faits. Je partirai de la table ronde de Zurich qui a eu lieu le 20 mars 2018, dont toute la presse s’en est fait l’écho. Au sortir de cette table ronde, voici les conclusions qui ont été retenues par le conciliateur, je ne dis pas le médiateur. Parce que cette table ronde visait à rapprocher les parties, c’est-à-dire que la fédération plus la minorité de clubs réunis au sein de ce qui est convenu d’appeler aujourd’hui le GX. Au sortir de cette table ronde, voici les conclusions qui ont été adoptées. La FIFA a fait le constat qu’elle n’a pas pu rapprocher le point de vue de chacune des parties. En conclusion, elle a demandé aux parties de se conformer aux textes de la Fif et à ceux de la Fifa, et de ne pas prendre le football ivoirien en otage et d’œuvrer dans le sens de l’intérêt du football ivoirien. Comme je l’ai dit toute à l’heure, dans les conclusions de la Fifa, à la sortie de cette table ronde de Zurich, nulle part, il n’a été question d’un audit à organiser. Avant de quitter la salle où nous étions réunis pour la synthèse, Me Roger Ouégnin a demandé à M. Veron qui était le conciliateur, qu’en est-il de leur requête aux fins d’organisation d’un audit ? C’est comme ça que nous tous, présents dans la salle, nous avions su qu’ils avaient déposé une requête pour demander l’organisation d’un audit. Et séance tenante, M. Veron a répondu pour dire que ce n’était pas à l’ordre du jour. Et que cela ne relevait pas de leur ressort. Il a dit en tout état de cause, la requête qu’ils ont déposée, on va vous la déposer plus les pièces qui l’accompagnent pour observation. Je précise qu’à ce jour, nous n’avons toujours pas reçu cette requête plus les pièces qui l’accompagnent. Les choses en sont restées là jusqu’au 27 avril 2018 lorsque la Fédération (Fif) a reçu un courrier venant de la patronne de M. Veron, de la division des associations membres pour nous informer de ce que la commission d’audit et de la conformité de la Fifa a décidé d’organiser un audit judiciaire de la Fif. Nous vons reçu ce courrier le 27 avril et le courrier lui-même date du 27 avril. En réponse, à ce courrier de notification, nous avons adressé un courrier en date du 30 avril pour dire que nous prenons acte de la décision de la Fifa.

Les préalables de la FIF

Seulement, nous avons deux préalables à poser. Les deux préalables sont les suivants. C’est sur la nature de l’audit. Votre courrier parle d’un audit judiciaire. Or par définition, tout ce qui tout au judiciaire touche aux tribunaux. C’est-à-dire que c’est un audit qui est organisé dans le cadre d’une procédure judiciaire dont sont saisis les tribunaux. A notre connaissance, nous n’avons pas connaissance de ce qu’une juridiction ait été saisie pour ordonner un quelconque audit judicaire. Donc nous leur avons dit que si vous avez connaissance de ce qu’un tribunal a ordonné judiciaire, vous voudrez bien nous notifier ces décisions parce que nous ne les avons. Et je précise également que le courrier qui nous a été donné dit que c’est une décision de la commission d’audit et de conformité. Cette décision, on ne nous la pas notifiée.

Le deuxième préalable, c’est sur le fondement de cet audit. Dans le courrier, ils disent que c’est en vertu de l’article 17 du règlement du programme Fifa for world, c’est-à-dire que les frais que la Fifa octroie pour le développement du football. Ils disent que c’est en vertu de cet article-là qu’ils ont décidé d’organiser cet audit judiciaire. Sur le deuxième préalable que nous avons posé, on prend acte. La lecture que nous faisons de l’article 17 et de toutes les autres dispositions du règlement Fifa for World, il ressort que seul les fonds accordés par la Fifa dans le cadre de ce programme de développement peuvent faire l’objet d’un audit de la part de la Fifa. Nous constatons que depuis 2016, vous (Fifa) ne nous avez jamais octroyé ce fonds, depuis qu’il a été mis en place. Donc nous sommes en droit de nous poser la question de savoir sur quoi va porter votre audit. Le courrier est parti depuis le 30 avril. Aujourd’hui, nous sommes le 11 mai, on n’a toujours pas de réponse aux préalables que nous avons posés. A notre plus grande surprise, le 9 mai nous recevons un courrier de la part du cabinet d’audit qui nous écrit pour nous dire qu’ils arrivent le 14 mai pour venir nous auditer et voici les points sur lesquels va porter leur audit. Nous prenons lecture de ces points-là, ça n’a absolument rien à voir avec le courrier officiel que la Fifa nous a envoyé, c’est-à-dire un audit organisé sur la base de l’article 17 du règlement Fifa for World. Nous leur disons, écoutez, ce vous nous dites dans votre courrier officiel n’a rien à voir avec ce que le cabinet d’audit nous dit. Et quand nous analysons les points sur lesquels cet audit doit porter, nous nous rendons tout simplement compte qu’il s’agit des points évoqués par le groupe GX dans sa requête. Nous disons qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Vous-même, vous nous aviez dit qu’il n’était pas question d’un audit, que ce n’était pas à l’ordre du jour. Et aujourd’hui, vous nous écrivez sur la base des dispositions du règlement Fifa for world consacré aux fonds de développement, on reçoit un courrier de cabinet d’audit qui nous dit autre chose. Et les points sur lesquels ils veulent auditer, ils vont au-delà de leurs prérogatives. Ils veulent auditer les fonds que l’Etat de Côte d’Ivoire nous a donnés depuis 2012, ils veulent auditer les fonds que Canal Horizon nous donne dans le cadre du sponsoring qui nous lie. Ils nous demandent de leur produire tous les courriers qu’on a échangés avec Canal Horizon, avec le cabinet du courtier d’assurance qui s’occupe de l’assurance de la Fif et des joueurs. Qu’on leur donne tous ces détails-là pour qu’ils puissent mener leur audit.
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