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Un bilan tragique de la transhumance au Togo

Publié le vendredi 27 novembre 2020  |  AIP


Abidjan- La traversée des animaux de la sous-région (Burkina Faso, Niger, Mali, et autres) par le couloir togolais, a fait de nombreuses victimes au Togo en cette année 2020, indique le gouvernement togolais, repris jeudi 26 novembre 2020 par l’agence de presse russe Sputnik.

La traversée annuelle des troupeaux en Afrique de l’Ouest, pour leur permettre de se nourrir et se ressourcer, a engendré au Togo en 2020, 12 décès liés aux affrontements entre les agriculteurs et les éleveurs peuls, 14 blessés, et plus de 1.600 réfugiés, sans compter 130 champs dévastés, selon le gouvernement Togolais.

Ce bilan a été donné à l’issue d’un atelier déroulé du 19 au 21 novembre à Kara (nord du pays) en présence du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Yark Damehame, et le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Antoine Lekpa Gbegbeni.

Ces dégâts ont été enregistrés, bien qu’il ait un plan opérationnel de la transhumance et des efforts accomplis par le gouvernement pour « baliser la majorité des couloirs de transhumance, aménager des zones d’accueil et de transit par la réalisation de points d’eau, de forage et le surcreusement des mares ».

Le non-respect des points d’entrée des animaux, la complicité d’éleveurs sédentaires, le déplacement des transhumants hors des couloirs prédéfinis, le pâturage nocturne, le départ tardif des transhumants, sont autant d’éléments à l’origine des conflits meurtriers qui ont marqué la transhumance 2020, selon les conclusions des deux ministres à la réunion de Kara.

Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a indiqué que ces conflits étaient liés au fait que « le couloir dessiné par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour la traversée du bétail se trouve occupé de nos jours par des maisons et des champs ». Une réalité, qui reconnaît-il, rend difficile le contrôle de la transhumance.

À la présentation de ce bilan, les représentants du gouvernement togolais ont invité tous les acteurs de la chaîne de la transhumance à «se sentir interpellés » par ces 12 décès et à respecter le Plan opérationnel de gestion de la transhumance adopté début janvier 2020 par le Togo pour une gestion apaisée des conflits.

Pour sa part, le ministre de l’Agriculture, Antoine Lekpa Gbegbeni, également président du Comité national de transhumance, a invité les autorités locales et les comités préfectoraux de contrôle de la transhumance à « œuvrer pour renverser la tendance lors de la prochaine campagne de transhumance ».

En Afrique de l’Ouest, les affrontements entre agriculteurs et éleveurs sont une véritable menace pour la paix et la sécurité.

« Ces dernières années, les conflits impliquant des éleveurs ont augmenté dans certaines régions de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, causant des milliers de morts », affirme une étude du bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, publiée en août 2018.

Moyen ancestral pour éviter l’épuisement de la végétation, la transhumance permet aux éleveurs de traverser un couloir autorisé de pays en pays pour se nourrir et se ressourcer en eau. En Afrique de l’Ouest, des États comme le Togo sont des terres d’accueil des troupeaux, alors que les pays sahéliens, comme le Burkina ou le Niger, sont des territoires de départ.

Dans la pratique, le pays d’accueil définit la période à laquelle il est disposé à recevoir les éleveurs transhumants en fixant une date d’ouverture et une date de clôture, qu’il communique aux pays de départs. Pour le Togo, la transhumance se déroule chaque année du 1er janvier au 31 mai.

eaa/fmo
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